La clef
de Mark Alexandrovitch Aldanov

critiqué par Jfp, le 22 août 2020
(La Selle en Hermoy (Loiret) - 72 ans)


La note:  étoiles
polar sans fin
Un polar de l’ère soviétique, dont l’action se déroule pendant les derniers jours du tsarisme. Raspoutine a été exécuté, la Douma siège non-stop, le tsar est invisible mais la fête continue pour la "bonne société", où il est de bon ton d’être du côté de l’opposition. Une enquête est menée à la suite de l’assassinat du banquier Karl Fischer, découvert empoisonné dans l’appartement qu’il louait pour ses parties fines. On sait très rapidement que l’assassin possédait une des trois clefs de cet appartement, mais une de celles-ci reste introuvable, et va le rester jusqu’au moment où l’enquête n’a plus de raison d’être car tout disparait, dossiers, suspects et enquêteurs, dans la tourmente de la révolution de février 1917 (la révolution menchevik). Seul le lecteur attentif aura compris qui était l’assassin, car la fameuse clef manquante se dissimule entre les pages. Un roman singulier, dont le sujet est la peinture de cette société décadente qui sera pulvérisée par la révolution. On aurait pourtant aimé connaître la suite des amours de la jeune Moussia, héroïne romantique égarée au milieu de cette société qui ne vit que pour l’argent et les privilèges.