Considérations morales : Précédé de Pour dire au revoir à Hannah (1907-1975)
de Hannah Arendt

critiqué par Unvola, le 21 août 2020
( - - ans)


La note:  étoiles
La Pensée destructrice ou vertueuse !
Ce passionnant Essai de Hannah Arendt sur la Pensée, lui permet de revenir sur le concept qu’elle a élaboré lors du procès de Eichmann (ancien cadre du régime Nazi et responsable de l’organisation du massacre de millions de Juifs) à Jérusalem en 1961, celui de « la banalité du mal ».

En effet, pour Hannah Arendt, malgré l’horreur des crimes commis par Eichmann (et tant d’autres Nazis…), son profil ne relève pas d’une pathologie spécifique, mais plutôt d’une « extraordinaire superficialité », d’une profonde et totale incapacités à Penser par lui-même : il appliquait froidement l’Idéologie criminelle du III Reich, sans aucune mauvaise conscience.
L’auteur en déduit donc qu’il n’y a pas que les « monstres » qui sont capables de commettre un « mal infini », mais également « Monsieur-tout-le-monde » et cela sans aucune motivation haineuse particulière.

Car Hannah Arendt reprend la distinction que faisait Kant entre : la Pensée et la Connaissance.
Entre les deux, seule la Pensée permet de juger entre : le Bien et le Mal.

Finalement, chaque individu possède la capacité de Penser par lui-même et est donc capable de s’en servir…, à bon ou à mauvais escients…

Confer également d’autres ouvrages aussi passionnants sur le même thème, de :
– Hannah Arendt Eichmann à Jérusalem ;
– Hannah Arendt Le système totalitaire : Les origines du totalitarisme ;
– Michel Terestchenko Un si fragile vernis d’humanité : Banalité du mal, banalité du bien ;
– Tzvetan Todorov Mémoire du mal, Tentation du bien : enquête sur le siècle.