Le Roi Lear de William Shakespeare

Le Roi Lear de William Shakespeare
( King Lear)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Théâtre

Critiqué par Don_Quichotte, le 8 août 2004 (Thionville, Inscrit le 31 mai 2004, 30 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (19 614ème position).
Visites : 4 362  (depuis Novembre 2007)

Douleurs et Misères

Le Roi Lear de Shakespeare, l'un des trois immenses chef d'œuvres du maître anglais (avec Othello et Hamlet) est certainement sa pièce la plus douloureuse car remplie d’injustices révoltantes. L’histoire est celle du Roi Lear, souverain du royaume d’Angleterre, qui devient un vieillard grabataire se préparant à léguer ses terres à ses trois filles, Goneril, Régane et la jeune Cordélia, à qui le Roi doit trouver un époux. La suite de la pièce en cinq actes est faite de traîtrises, de lâcheté, mais aussi de courage, de dévouement et de bonté, avec en parallèle d’autres histoires que celle du Roi qui la rejoignent au final, comme celle de Gloster et de ses fils : Le bâtard accabla de fautes le fils légitime perdant la confiance du père qui le répudia.
Les larmes accompagneront la pièce du début à la fin, pour le lecteur comme pour les protagonistes.

Le drame est d’une intensité inouïe avec des personnages d’une grande force, d’une folie et d’un tragique qui donne pitié au lecteur des actes insensés effectués par les héros qui avancent vers leurs morts pathétiques dignes d’un Shakespeare à son apogée.

Le texte est en anglais-français, assez pratique mais aussi coûteux pour un livre de poche.

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Une tragédie bouleversante.

10 étoiles

Critique de Pucksimberg (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 37 ans) - 15 août 2015

Cette tragédie, sans doute l'une des meilleures de Shakespeare, est inoubliable. Elle possède une force indéniable et emporte le lecteur dans un tourbillon émotionnel incontrôlable.

Le roi Lear souhaite se retirer et diviser son royaume en trois étant donné qu'il a trois filles : Goneril, Régane et Cordelia. Il posera une condition, maladroite et surprenante, qui est de donner la part la plus vaste à la fille qui saura le mieux lui prouver son attachement. Goneril et Régane, manipulatrices, se joueront de lui, le flatteront, car fortement intéressées. Cordélia, sincère et attachante, sera plus mesurée et obtiendra le courroux de son père. La trame est plus riche encore, car d'autres personnages importants traversent cette tragédie qui interroge énormément sur le lien qui unit parents et enfants, sur la figure du bâtard et sur les intérêts.

Cette tragédie sur un père moqué et rejeté peut faire écho à d'autres figures paternelles sacrificielles, comme pourrait l'être le Père Goriot de Balzac, mais ici le dramaturge va plus loin. Le Roi Lear perd le sens de la réalité, devient fou et c'est bien cette folie qui est au centre même de la tragédie, cette folie qui brouille les pistes, qui peut être une fuite. Shakespeare exploite aussi la figure du fou du roi, qui est celui qui sous couvert de la déraison, donc de la folie, assène des vérités. Nul autre personnage que ce fou du roi n'a le droit de critiquer le Roi Lear. Derrière la folie se cache la vérité. La scène où le roi déambule dans les Landes et laisse exprimer toute sa folie est totalement terrifiante et marquante.

Cette pièce bouleverse le lecteur, l'interroge. On ne peut qu'être sous l'emprise de la plume poétique du dramaturge. L'univers dépeint n'est pas manichéen, le roi Lear n'est pas forcément le plus gentil personnage qui soit, le fait même qu'il crée une rivalité entre les sœurs au début de la tragédie est critiquable, mais c'est cette humanité fragile qui touche le lecteur car elle est faite à son image.

Lire Lear

7 étoiles

Critique de Kaftoli (Laval, Inscrit le 29 mai 2010, 52 ans) - 12 juillet 2015

Lire Le roi Lear (j'aimais trop l’assonance, désolé), c'est se plonger dans un monde de fureur et de folie, qu'on a déjà vu chez Shakespeare. Le personnage éponyme est connu, du moins on connait le nom, ça nous dit bien quelque chose...; on en retient généralement le destin tragique d'un roi qui s'est fait déposséder par ses filles. Personnellement, mes connaissances de cette pièce se limitaient à peu près à cette dimension superficielle des choses. Or, la pièce est intéressante à plusieurs égards, et la magie shakespearienne opère. L'écriture peut agacer parfois, mais on pourra excuser ces quelques excès pour admirer les belles trouvailles de formules et d'images.
Les thèmes de cette œuvre ont déjà été exploités ailleurs. Par exemple, la folie qu'on a vue notamment chez Hamlet, prend ici une grande importance; elle guette plusieurs personnages ou est exploitée par eux. Pensons au personnage du fou, dont certaines répliques peuvent agacer (en tout cas, elles m'ont personnellement agacé tant elles sont parfois incompréhensibles), dont le discours absurde semble guider le roi; pensons au roi lui-même, qui sombre dans la folie, se laisse emporter par elle, après que ses deux filles, Goneril et Régane l'aient tour à tour abandonné, lui reprochant sa sénilité (mais sa décision première de renier Cordélia parce qu'elle refusait la flagornerie ne relève-t-elle pas aussi d'une certaine forme de folie ?); pensons aussi à Edmond, fils légitime du duc de Gloucester, victime de la machination de son frère bâtard, doit se déguiser et simuler la folie... Autres thèmes chers à Shakespeare sont aussi présents dans cette pièce: le pouvoir, la trahison... Celui qui m'a le plus touché, c'est celui qu'on pourrait appeler de la vieillesse, celui du temps qui pèse sur les épaules du personnage de Lear.
Bref, ce n'est pas mon préféré de Shakespeare. Tout se conclut beaucoup trop rapidement à la fin, certains personnages sont trop esquissés (Cordélia, Kent...), et les intrigues secondaires, un peu trop alambiquées. Il n'en demeure pas moins qu'il vaut la peine de relire Lear pour la musique des mots et la richesse de certains traits bien sentis.

Personnages antipathiques

2 étoiles

Critique de Nance (, Inscrite le 4 octobre 2007, - ans) - 24 avril 2010

Je croyais qu’en adorant le film Ran d’Akira Kurosawa, inspiré (librement) de la pièce, que j’allais automatiquement aimer Le roi Lear, mais ça n’a pas été le cas. Une pièce qui est pourtant la préférée de Shakespeare de plusieurs personnes que je connais, mais qui est pour moi celle que j’ai détesté le plus jusqu’à présent du célèbre dramaturge. Je n’aime pas les personnages, tous, même pas dans le genre « qu’on aime à détester » et ça ne me donnait pas le goût d’être de leur côté. Ce qui leur arrivait m’était égal. Je ne sais pas si c’est à cause de la traduction ou de l’écriture recherchée de Shakespeare, comme je l’ai déjà expliqué, quand ses phrases sont trop esthétiques, j’ai tendance à ne pas y croire... Je préfère plus ses pièces Othello, Jules César...

Une belle écriture mais pas mal de complexité

5 étoiles

Critique de Maylany (, Inscrite le 11 novembre 2007, 37 ans) - 4 février 2008

Indéniablement, l'écriture est très noble (on le sent même au travers de la traduction).

Cependant, j'ai trouvé l'intrigue et le récit un peu complexes à certains moments et je me suis parfois senti perdue dans l'histoire, ne comprenant plus bien ce qui s'y passait et éprouvant des difficultés à ne pas perdre le fil.

... alors, j'ai fini par abandonner la lecture de cette oeuvre.

Les passages que je comprenais et ceux où je ne saisissais pas l'entièreté des évènements continuant à s'alterner, de plus en plus d'éléments m'ont fait défaut et la compréhension s'est donc trouvée de plus en plus difficile.

Edgar, le félon séducteur et Lear, le souverain vieillissant

8 étoiles

Critique de Matthias1992 (, Inscrit le 27 août 2007, 25 ans) - 27 août 2007

La pièce "Le roi Lear" se déroule dans un monde dans lequel les complots les plus odieux sont ourdis, dans lequel la méfiance règne et dans lequel chacun rivalise de persévérance et de cruauté pour mettre à jour ses desseins
("Et tout moyen me sera bon, s'il peut servir à mes desseins", EDGAR, I, 2).
Trahisons, perfidies et meurtres se succèdent donc à un rythme toujours croissant, et la tension qu'il en résulte vaut bien celle de tous les romans policiers du monde.

Cependant, "Le roi Lear" m'est apparu comme inférieur à d'autres textes de théâtre du grand dramaturge élisabethain, surtout au niveau de la structure et de la maîtrise du sujet.
En effet, alors que l'histoire du Roi Lear et de ses trois filles, Régane, Goneril et Cordelia (qui a un petit air de conte de fées, je trouve) aurait pu être plus approfondie, elle est parfois reléguée au second plan par rapport à l'intrigue des félonies d'Edgar, fills bâtard de Gloucester dont Régane et Goneril sont amoureuses. Mais, comme le prouve le titre, Shakespeare a bien voulu accorder de l'importance au souverain vieillissant.
Le fait qu'il y a donc deux intrigues atténue quelque peu le tragique et la force de l'ensemble.

Les deux intrigues ne portent néanmoins qu'un préjudice léger à la qualité globale de l'oeuvre: effectivement la langue enchanteresse et magique qui est propre à l'auteur a tôt fait de nous ravir. Notons aussi la complexité et la psychologie intéressante des personnages (Kent, de loin le plus ambigu, mérite en premier notre attention).

La pièce m'a plu par conséquent, même si je lui préfère le chef-d'oeuvre exceptionnel qu'est "Hamlet".

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