La terreur rouge en Russie : (1918-1924) de Wilfrid Lerat, Sergueï Melgounov

La terreur rouge en Russie : (1918-1924) de Wilfrid Lerat, Sergueï Melgounov

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire

Critiqué par Anonyme11, le 19 août 2020 (Inscrit(e) le 18 août 2020, - ans)
La note : 10 étoiles
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La Terreur rouge bolchevique ou la période de formation du régime totalitaire communiste !

Indispensable témoignage de l’historien Russe Sergueï Melgounov, qui a vécu et subi la barbarie bolchevique (communiste) sous la Terreur Rouge entre 1918 et 1924 : 23 perquisitions, 5 arrestations, plusieurs interrogatoires, ainsi qu’une condamnation à mort commuée en exil.

Grâce à un grand nombre de documents : archives, témoignages, journaux…, Sergueï Melgounov décortique la machine monstrueuse mise en place par le régime Totalitaire Communiste de Lénine et Trotski.

En effet, le régime Totalitaire Communiste réel est issu du coup d’Etat Bolchevique à Petrograd en Russie du 7 novembre 1917 et perpétré par la troïka infernale représentée par : Lénine, Trotski et Staline.

Ce livre publié dès le mois de décembre 1923 à Berlin, contient une liste détaillée des horribles crimes : Crimes contre l’Humanité, Terreur, Guerre Civile, Famine gigantesque, arrestations arbitraires et exécutions sommaires, tortures à mort, crimes individuels et de masse (fusillades, pendaisons, noyades collectives, etc.), déportations en camps de concentration ouverts dès 1918, rafles, perquisitions et interrogatoires jours et nuits, systèmes de fichage, de surveillance, de délation et d’endoctrinement idéologique de toute la population, mensonges et propagandes, etc., commis contre le peuple Russe par Lénine, Trotski, Dzerjinski, Staline…

Pour appliquer ainsi l’Idéologie Totalitaire Communiste par le moyen de la Terreur, Lénine et Trotski ont inventé dès 1918 le premier système concentrationnaire de masse de l’Histoire de l' »inhumanité », pour aboutir en 1923 à la création de l’immense : Archipel des îles Solovki. (Confer également les excellents ouvrages de : Boris Chiriaev : « La veilleuse des Solovski », Raymond Duguet : « Un bagne en Russie : Solovki », Anne Applebaum : « Goulag : Une histoire », Francine-Dominique Liechtenhan : « Le laboratoire du Goulag : 1918-1939 », Joël Kotek et Pierre Rigoulot : « Le siècle des camps : emprisonnement, détention, extermination, cent ans de mal absolu »). Ce que nous explique l’auteur, pages 299 et 300 :

« Mais Portaminsk a paru insuffisant ; au cours de la dernière année, ce sont les îles Solovki qui sont devenues le lieu central de déportation. »

Puis, page 239 :

« Tout ceci se passait en 1921-1922. Le seul fait que 442 prisonniers soient morts sur un total de 1 200 en dit assez sur les conditions de vie dans ce camp de Kholmogory. »

Et toujours sur ces immondes camps de concentration, page 281 :

« Les camps de concentration, ont déclaré un jour devant le Comité central exécutif des socialistes-révolutionnaires détenus, sont des lieux de répression sauvage, des foyers d’épidémies sans précédent où la mortalité est formidable ». « Et, ici encore, il n’y a pas d’exagération de leur part. J’ai rapporté plus haut les statistiques de la mortalité du camp de Kholomogory. Au camp d’Arkhangelsk, en 1922, sur 5 000 détenus venus de Cronstadt il n’en restait que 1 500. Ainsi de quelques milliers de prisonniers, sans qu’on en ait exécuté un seul, il n’en restait que moins du tiers. »

Comme le précise Sergueï Melgounov, l’un des principes barbares le plus ignoble utilisé par les bolcheviques, consistait à prendre en otages (confer également l’indispensable ouvrage de Robert Vaucher : « L’Enfer Bolchevik, Petrograd sous La Commune et La Terreur Rouge ») : les familles (enfants, femmes, vieillards) des soi-disant « ennemis du peuple », afin de les déporter en camps de concentration ou de les exécuter purement et simplement, page 203 :

« La chose la moins admissible reste l’exécution des otages membres d’une même famille ; on ne peut moralement admettre le fait qu’à Elisavetgrad (mai 1920), on a fusillé une famille de quatre fillettes de 3 à 7 ans et une vieille mère de 69 ans, parce que son fils était officier… ».

Toujours dans la monstruosité communiste, il faut évoquer ici, une autre méthode d’extermination de masse, reprise et déjà appliquée lors de « notre » Révolution Française, durant la période Jacobine de Robespierre en 1793-1794, page 114 :

« La conscience humaine se refuse cependant à croire à ces noyades sur des barques, au XXe siècle, noyades qui renouvelaient les scènes connues de la période de la Révolution française. Mais ce n’est pas seulement une vague rumeur qui nous parle de ces barques. Voici le second cas où nous pouvons les constater. Et il y a une troisième communication quelque temps après : le procédé restait toujours le même. Vladimir Voïtinski, dans l’article qui sert de préface au livre Les Douze Condamnés à mort (procès des socialistes-révolutionnaires à Moscou), écrit : « En 1921, les bolcheviks transportèrent sur une péniche 600 prisonniers des diverses prisons de Petrograd à Cronstadt ; à l’endroit le plus profond entre Petrograd et Cronstadt la barque fut coulée : tous les prisonniers furent noyés, sauf un seul qui parvint à atteindre en nageant la côte de Finlande… ».

Le règne de la Terreur Rouge Bolchevique frappait n’importe qui, quelque soit : l’âge, le sexe, la profession, la classe sociale…, n’importe où, n’importe quand !
Chaque Russe devenait une victime potentielle en sursis, comme l’auteur le précise clairement, page 243 :

« Pour se faire une idée plus exacte de la nature de la terreur rouge, il faut se pénétrer de l’horreur des formes qu’elle a prises. Il faut savoir non seulement qu’on a fusillé des coupables, et des innocents, des adversaires politiques et des indifférents, mais il faut savoir comment on les a fusillés. Ces circonstances extérieures sont peut-être même plus importantes pour la compréhension de ce qu’on a appelé la terreur rouge.
Nous avons déjà vu passer sous nos yeux Saenko, un sadique dans toute la force du terme. Karéline dit quelques mots de son adjoint, le matelot Edouard. Sa célébrité venait de ce que, causant amicalement avec des détenus, riant même d’un rire insouciant, il savait « terminer » avec art l’entretien d’un coup de revolver dans la nuque. »

De plus, l’auteur décrit les ignobles tortures à mort (concernant des centaines de milliers de civils innocents) commises par les fanatiques et sadiques Tchékistes, dans environ 1 000 Centres de tortures de la Tcheka à travers l’U.R.S.S..
Les deux grands organes de répressions de l’Etat parti unique bolchevique, étaient :
– L’Armée Rouge créée par Lénine en février 1918 et dirigée par Trotski ;
– Et la Tcheka (police politique) créée par Lénine en décembre 1917 et dirigée par Félix Dzerjinski, dont le siège social (La Loubianka) était situé à Moscou.

Voici un exemple, parmi la foultitude de tortures à mort à travers toute la Russie, de la description de l’horreur totale perpétrée par les sadiques Bolcheviques de la Tcheka, pages 222 et 223 :

« Plus loin, Nilostonski décrit l’aspect d’un des « abattoirs » d’êtres humains de Kiev (l’auteur affirme qu' »abattoir » était le terme employé officiellement) lorsque la commission y pénétra : « … Tout le sol en ciment du grand garage (il s’agit de « l’abattoir » de la Tcheka du gouvernement) était inondé de sang. Ce sang ne coulait plus à cause de la chaleur, mais formait une couche de quelques pouces d’épaisseur ; c’était un horrible mélange de sang, de cervelles, de morceaux de boîtes crâniennes, de touffes de cheveux et autres débris humains. Tous les murs troués de milliers de balles étaient éclaboussés de sang ; des morceaux de cervelle et des lambeaux de cuir chevelu y adhéraient. Un caniveau de vingt-cinq centimètres de largeur sur vingt-cinq de profondeur et d’une longueur approximative de dix mètres allait du centre du garage à un local voisin où se trouvait un tuyau souterrain d’écoulement. Ce caniveau était rempli sur toute sa longueur de sang à ras bords… A côté de ce lieu d’horreur, dans le jardin de ce même immeuble, gisaient les corps des 127 victimes du dernier massacre, enfouis à la hâte sous une légère couche de terre… Là, ce qui nous a surtout frappés, c’est que tous les corps avaient le crâne fracassé, certains même avaient la tête complètement écrasée. Les malheureux avaient vraisemblablement été assommés avec une massue. Certains corps n’avaient pas de tête, mais la tête n’avait pas été tranchée… elle avait été arrachée. On n’a pu identifier que fort peu de cadavres, à certains détails particuliers, comme des dents en or, que les bolcheviks, en l’occurrence, n’avaient pas eu le temps d’arracher. Tous les corps étaient complètement nus. »

Et également, page 225 :

« Voici les tortures infligées à la Tcheka de Kiev, dite la Tcheka « chinoise » : « Le supplicié était attaché au mur ou à un poteau et on lui appliquait solidement contre le corps l’extrémité d’un tube de fer de quelques pouces de large. Par l’autre extrémité du tube on introduisait un rat, l’ouverture était fermée ensuite par un grillage de fil de fer que l’on chauffait au feu. Affolé par la chaleur, le rat commençait bientôt à ronger le corps du malheureux pour s’ouvrir un issue. Cette torture se prolongeait des heures durant, parfois un jour entier jusqu’à la mort de la victime » (p.25). »
« … L’auteur du livre que nous citons affirme, d’après les données de la commission, que Kiev n’était nullement une exception. Ces mêmes faits ont été observés partout. Chaque Tcheka avait pour ainsi dire sa spécialité. »

Pour mémoire, en U.R.S.S., le monstrueux bilan humain sous la Terreur Rouge Bolchevique, entre 1917 et 1924 : Lénine, Trotski, Staline et Dzerjinski ont exterminé environ 10 000 000 d’innocents civils et militaires.

Une tristement célèbre phrase de Lénine résume parfaitement sa fanatique Idéologie, sa Pensée Unique, page 81 :

« Que 90 % du peuple russe périssent, pourvu que 10 % vivent jusqu’à la révolution mondiale ! ».

Merci, Monsieur Melgounov pour votre précieux témoignage, malheureusement la folie des hommes a continué, après la mort de Lénine, à massacrer des populations entières, au nom de l’infâme Idéologie Communiste !

Confer également les précieux témoignages sur le thème du Totalitarisme, de :
– Alexandre Soljénitsyne (L’archipel du Goulag) ;
– Alexandre Soljénitsyne (Une journée d’Ivan Denissovitch) ;
– Jacques Rossi (Qu’elle était belle cette utopie !) ;
– Jacques Rossi (Le manuel du Goulag) ;
– Evguénia S. Guinzbourg (Le vertige Tome 1 et Le ciel de la Kolyma Tome 2) ;
– Margarete Buber-Neumann (Déportée en Sibérie Tome 1 et Déportée à Ravensbrück Tome 2) ;
– Iouri Tchirkov (C’était ainsi… Un adolescent au Goulag) ;
– Boris Chiriaev (La veilleuse des Solovki) ;
– Malay Phcar (Une enfance en enfer : Cambodge, 17 avril 1975 – 8 mars 1980) ;
– Zinaïda Hippius (Journal sous la Terreur) ;
– Jean Pasqualini (Prisonnier de Mao) ;
– Kang Chol-Hwan (Les aquariums de Pyongyang : dix ans au Goulag Nord-Coréen) ;
– Aron Gabor (Le cri de la Taïga) ;
– Varlam Chalamov (Récits de la Kolyma) ;
– Lev Razgon (La vie sans lendemains) ;
– Pin Yathay (Tu vivras, mon fils) ;
– Ante Ciliga (Dix ans au pays du mensonge déconcertant) ;
– Gustaw Herling (Un monde à part) ;
– David Rousset (L’Univers concentrationnaire) ;
– Joseph Czapski (Souvenirs de Starobielsk) ;
– Barbara Skarga (Une absurde cruauté) ;
– Claire Ly (Revenue de l’enfer) ;
– Primo Levi (Si c’est un homme) ;
– Primo Levi (Les naufragés et les rescapés : quarante ans après Auschwitz) ;
– Harry Wu (LAOGAI, le goulag chinois) ;
– Shlomo Venezia (Sonderkommando : Dans l’enfer des chambres à gaz) ;
– Anastassia Lyssyvets (Raconte la vie heureuse… : Souvenirs d’une survivante de la Grande Famine en Ukraine) ;
– François Ponchaud (Cambodge année zéro) ;
– Sozerko Malsagov et Nikolaï Kisselev-Gromov (Aux origines du Goulag, récits des îles solovki : L’île de l’enfer, suivi de : Les camps de la mort en URSS) ;
– François Bizot (Le Portail) ;
– Marine Buissonnière et Sophie Delaunay (Je regrette d’être né là-bas : Corée du Nord : l’enfer et l’exil) ;
– Juliette Morillot et Dorian Malovic (Evadés de Corée du Nord : Témoignages) ;
– Barbara Demick (Vies ordinaires en Corée du Nord) ;
– Vladimir Zazoubrine (Le Tchékiste. Récit sur Elle et toujours sur Elle).

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