Les totalitarismes
de Bernard Bruneteau

critiqué par Anonyme11, le 19 août 2020
( - - ans)


La note:  étoiles
Un XXème siècle sous le joug du Totalitarisme !
Dans ce livre très complet, Bernard Bruneteau, nous présente les différents auteurs et origines qui ont contribué à l’étude du monstrueux phénomène qu’est le Totalitarisme ; puis il compare les trois grands totalitarismes du 20ème siècle : Communisme, Fascisme et Nazisme, afin d’en déduire une définition commune la plus complète possible, tout en démontrant la haine viscérale et totale de ces régimes envers la liberté et la démocratie.

On retrouve donc les deux grands piliers des totalitarismes qui imposent, par la domination absolue et la violence, la transformation totale de l’Homme (de la nature humaine), et de la société :

D’une part, l’IDEOLOGIE fanatique (de classe, ultra-nationaliste ou raciale), élevée au rang de « vérité absolue », « scientifique » voire « quasi-mystique », obligatoire pour toute la population.

D’autre part, cette idéologie est appliquée au moyen de la TERREUR totale et infinie, en traquant les innocents « ennemis », afin d’exterminer le « peuple ancien » pour créer le « peuple nouveau » : parfait, exempt de toutes « souillures » bourgeoises capitalistes ou liées à la pureté de la race.

Parmi les nombreux critères qui caractérisent les totalitarismes, celui qui à mes yeux le défini le mieux, est cette traque incessante des individus innocents, mais considérés par L’Etat totalitaire comme « ennemis » : « uniquement pour ce qu’ils sont supposés être, et non pour ce qu’ils font » ; et sont, sur cette seule base, soit déportés en camps de concentration soit exécutés.

Je relève de cette étude passionnante et très complète, de Bernard Bruneteau sur les totalitarismes, un seul bémol, pourtant fondamental : à savoir que l’auteur décrit parfaitement le totalitarisme Stalinien, mais il ne nous parle de la période Léniniste, « uniquement » qu’en terme de : « Matrice politique la plus sûre du totalitarisme Stalinien », ou encore comme : « L’étape décisive de mise en place d’une dictature terroriste politico-économique ».

Or, comme CREATEUR du communisme REEL, Lénine est responsable :
– D’être le fondateur du Parti Bolchevique (communiste) dès 1902 – 1903 ;
– Du putsch du 7 novembre 1917 à Petrograd, en binôme avec son acolyte Trotski et de l’application de l’idéologie de la lutte des classes et de la dictature du prolétariat : répression et massacre de son propre peuple ;
– De la création en février 1918 de l’Armée Rouge dirigée par Trotski ;
– Du décret de Trotski sur les « otages » en 1919 ;
– De la création en décembre 1917 de la Tcheka (police politique), dirigée par Dzerjinski ;
– De la Terreur rouge bolchevique (guerre civile, crimes individuels et de masse, rafles, arrestations arbitraires et exécutions sommaires, tortures à mort, perquisitions et interrogatoires jours et nuits sur dénonciations, etc.) ;
– Du Communisme de guerre : collectivisation et réquisitions forcées des récoltes agricoles engendrant la gigantesque FAMINE de 1921 – 1922, faisant 5 MILLIONS de morts ;
– De la fusillade (cachée) de toute la famille Impériale des Romanov : l’ex-Tsar Nicolas II, sa femme, ses 5 enfants, et les 4 employés de maison ;
– De la déportation, dès 1918, en camps de concentration des « ennemis de classe » : décret du 15 avril 1919 officialisant la création des camps de concentration ;
– De la Décosaquisation : génocide des Cosaques du Don et du Kouban (à l’instar du génocide Vendéen sous la grande Terreur Jacobine de Robespierre en 1793) ;
– De l’invention de la « classe des Koulaks », et des crimes de la Dékoulakisation ;
– Du massacre des marins de Cronstadt par l’Armée Rouge de Trotski, et de la fusillade des marins prisonniers ;
– De la fondation en 1919 de la 3ème Internationale ou Internationale communiste (Komintern puis Kominform) ;
– De la création des Komsomols (jeunesses communistes) ;
Et la liste est loin d’être exhaustive, mais la place me manque…

Bref, les deux principaux « cerveaux » de la bande : Lénine et Trotski (avec d’autres dont Staline) ont créé TOUS les fondements du TOTALITARISME, « recette » reprise et appliquée à la lettre par les autres Etats communistes dans le monde, se revendiquant tous, du Marxisme-léninisme.

Le bilan humain, de cette monstrueuse Terreur rouge bolchevique qui a engendré, en seulement 6 ans entre 1917 et 1923 en U.R.S.S. : l’extermination de plus de 6 MILLIONS de civils innocents !

Aux titres de toutes ces horreurs et à bien d’autres encore, je trouve légitime, que Lénine et Trotski endossent la responsabilité d’être les : INVENTEURS DU TOTALITARISME COMMUNISTE !

* Annexe page 129 :
Texte de Lénine à caractère intrinsèquement : TERRORISTE et TOTALITAIRE, en décembre 1917, seulement un mois après le coup d’État militaire Bolchevique du 7 novembre 1917.

« Naissance du bolchevisme éliminationniste ».

« Le recensement et le contrôle, indispensables pour passer au socialisme, ne peuvent être que l’oeuvre des masses. Seule la participation bénévole et consciencieuse de la masse des ouvriers et des paysans, dans l’enthousiasme révolutionnaire, au recensement et au contrôle sur les riches, les filous, les parasites et les voyous, peut vaincre ces survivances de la maudite société capitaliste, ces déchets de l’humanité, ces membres irrémédiablement pourris et gangrenés, cette infection, cette peste, cette plaie que le capitalisme a légués au socialisme. (…).

Pas de quartier pour ces ennemis du peuple, ces ennemis du socialisme, ces ennemis des travailleurs. Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous. Les uns et les autres sont frères jumeaux, la progéniture du capitalisme, les rejetons de la société des seigneurs et des bourgeois, où une poignée d’individus spoliait et bafouait le peuple, société ou l’indigence et la misère poussaient des milliers et des milliers d’hommes dans la voie de la canaillerie, de la vénalité, de la filouterie, de l’oubli de la dignité humaine, société qui inculquait nécessairement aux travailleurs le désir d’échapper à l’exploitation, fût-ce par un subterfuge, de se tirer d’affaire, de se débarrasser, ne serait-ce que pour une minute, d’un travail rebutant…

Les riches et les filous sont les deux faces d’une même médaille ; ce sont les deux catégories principales de parasites nourris par le capitalisme ; ce sont les principaux ennemis du socialisme, des ennemis qu’il faut placer sous la surveillance particulière de toute la population, et contre qui il faut sévir implacablement à la moindre infraction aux règles et aux lois de la société socialiste. Toute faiblesse, toute hésitation, toute sentimentalité à cet égard seraient le plus grand des crimes envers le socialisme. (…).

Des milliers de formes et de procédés pratiques de recensement et de contrôle visant les riches, les filous et les parasites doivent être mis au point et éprouvés pratiquement par les communes elles-mêmes, par les petites cellules à la campagne et à la ville. La diversité est ainsi un gage de vitalité, une promesse de succès dans la poursuite d’un même but unique : débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces (les filous), des punaises (les riches) et ainsi de suite. Ici, on mettra en prison une dizaine de riches, une douzaine de filous, une demi-douzaine d’ouvriers qui tirent au flanc (à la manière de voyous, comme le font de nombreux typographes à Petrograd, surtout dans les imprimeries, des partis). Là, on les enverra nettoyer les latrines. Ailleurs, on les munira, au sortir du cachot, d’une carte jaune afin que le peuple entier puisse surveiller ces gens malfaisants jusqu’à ce qu’ils se soient corrigés. Ou encore, on fusillera sur place un individu sur dix coupables de parasitisme. Enfin, on imaginera des combinaisons de divers moyens et, par exemple, à l’aide de la libération conditionnelle, on obtiendra le prompt amendement des éléments parmi les riches, les intellectuels bourgeois, les filous et les voyous susceptibles de s’amender. Plus l’expérience générale sera variée, meilleure et plus riche elle sera ; et plus les progrès du socialisme seront sûrs et rapides, plus facilement la pratique – car elle seule peut le faire – élaborera les meilleurs procédés et moyens de lutte. »