Vie de Filippo Rubè
de Giuseppe Antonio Borgese

critiqué par MAPAL, le 5 août 2020
( - 74 ans)


La note:  étoiles
Insolite
L'auteur est sans doute un admirateur fervent de STENDHAL. En tout cas, son personnage, Filippo RUBE, a pu passer pour un Julien SOREL.
S'il ne s'agissait que de cela, c'est-à-dire en limitant le roman à l'un de ses innombrables épisodes, on se contenterait de souligner un foisonnement monotone d'événements peu utiles mais aussi, pour être honnête, un approfondissement psychologique, moral et même spirituel bien dans la ligne du 20ème siècle naissant. Du « STENDHAL » donc, si l'on veut, moins bien écrit mais dont l'intrigue serait moins démodée.
Mais l'intérêt est ailleurs, pour autant que l'on accepte un déroulement qui, il faut l'avouer, peut décourager. Il s'agit de la répétition exaspérante d'attitudes et d'erreurs chez un personnage qui ne gagne ni notre confiance ni notre admiration.
Pourquoi l'ai-je lu jusqu'au bout, et avec sinon plaisir du moins curiosité ?
L'évocation d'une époque au cours de laquelle se préparent les cataclysmes des années 1930 à 1950, la perception de l'enchaînement des événements qui aboutiront au fascisme italien.
La complexité du personnage principal qui, à force d'introspection, rate sa vie comme on rate un train. Filippo est un funambule qui avance sur le câble en regardant le bout de ses pieds, ce qui n'est pas vraiment la bonne méthode.
Des personnages secondaires attachants et complexes, surtout les personnages féminins (je pense à Mary et surtout à Eugenia).
Bref, une leçon de vie, une réflexion induite sur la vie, qui fait qu'on a un peu envie de classer l'oeuvre parmi les récits d'apprentissage malgré l'issue qui l'interdit de fait.