Pierre et Alexis
de Dimitri Merejkovski

critiqué par Jfp, le 25 juillet 2020
(La Selle en Hermoy (Loiret) - 72 ans)


La note:  étoiles
père et fils
Saint-Pétersbourg, une ville de rêve, visitée par des millions de personnes en admiration devant ces architectures épurées, si belles sous la lumière du nord. Mais sait-on qu’il s’agissait au départ d’une folie, le rêve d’un roi dément, Pierre, dit "Le Grand", capable d’abattre lui-même à la hache un sapin centenaire comme de couper les têtes de ceux qui lui résistent. Parmi ceux-ci, son fils Alexis, grand buveur devant l’Éternel mais amoureux de la tradition et aimé du peuple russe. Pierre va rapidement voir en lui un rival, qu’il devra éliminer s’il ne se soumet pas. Un roman étrange, plein de bruit et de fureur, hanté par le mysticisme religieux mais ne reniant pas le naturalisme de l’époque. Le mélange intime d’épanchements affectueux et de pratiques cruelles, propre à l’âme russe (on pense à un certain Joseph Staline, digne héritier de notre tsar de toutes les Russies), est au cœur de ce récit envoûtant où l’on espère toujours, même si l’on sait que c’est en vain, que la raison va finir par l’emporter sur la folie…