La rafle des notables de Anne Sinclair

La rafle des notables de Anne Sinclair

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire

Critiqué par Veneziano, le 13 juin 2020 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 42 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (22 262ème position).
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L'enlèvement des Juifs nantis

Anne Sinclair, la célèbre journaliste, a décidé de revenir sur la rafle des Juifs riches et influents, parmi lesquels figurait son grand-père, Léonce Schwartz. A cette fin, elle a mené une investigation historique, pour relater un événement peu connu, qui a mené les victimes à Compiègne, au lieu de Drancy, habituel lieu de transit, pour atterrir à Auschwitz. Emotion, grande histoire, saga familiale et drame génocidaire se rencontrent dans ce livre synthétique qui réussit à livrer des détails de la condition de ces déportés.
Ce témoignage complète utilement ceux recueillis pas les survivants et les enquêtes des historiens. Il est émouvant par sa sincérité et la volonté de rendre hommage.

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UNE AUTRE RAFLE

8 étoiles

Critique de TRIEB (BOULOGNE-BILLANCOURT, Inscrit le 18 avril 2012, 68 ans) - 15 juin 2020

Anne Sinclair nous étonne, positivement. Après avoir évoqué avec beaucoup d’émotion la mémoire de son grand-père maternel Paul Rosenberg et l’activité de sa galerie d’art, la spoliation de sa fortune et de ses tableaux par les Nazis dans 21 rue La Boétie, elle apporte une contribution à la mémoire de la Shoah, déjà constituée de multiples récits, biographies, témoignages, essais historiques. Dans son opuscule, La rafle des notables, elle évoque l’existence d’une rafle conduite le 12 décembre 1941, qui a concerné plusieurs centaines de Juifs français, une population plutôt bourgeoise, d’où le nom de rafles des notables. Elle y décrit avec grande retenue ce qu’a dû ressentir son grand-père paternel Léonce Schwarz, qui habitait alors dans le dix-septième arrondissement de Paris. Il est conduit au camp de Compiègne-Royallieu, camp aux conditions de détention très dures, cruelles, éprouvantes. Moins connue que la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942, cette opération de répression se situe dans la logique de la politique nazie de la solution finale :la disparition de tous les Juifs d’Europe décidée à la conférence de Wannsee en janvier 1942.
Anne Sinclair resitue cette rafle dans le contexte de cette sombre époque : un moment de la persécution antisémite voulue par les Nazis et Vichy, un moment de souffrance intense aussi : elle cite le propos de Roger Gompel auteur d’un témoignage sur ce camp : « c’était un acheminement implacable vers la mort selon une méthode pour humilier, avilir, abrutir, épuiser, jusqu’à la complète extinction de toute personnalité humaine (…) une sorte de pogrom à froid. »
Resituée dans la chaîne de l’organisation méthodique de la déportation des Juifs, cette rafle évoquée par Anne Sinclair éclaire cette tragédie de Compiègne, ce camp d’où partirent les détenus vers les camps d’extermination de Pologne, en mars 1942. Une contribution précieuse, même si elle est modeste de l’aveu même de sa rédactrice, à l’histoire de cette période qui n’en finit pas de nous interpeller.

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