150 ans de vie quotidienne en Belgique
de Pierre Stéphany

critiqué par Catinus, le 20 avril 2020
(Liège - 69 ans)


La note:  étoiles
Instructif
L’essentiel de ce livre s’intéresse tout particulièrement à ce 19 ème siècle qui reste obscur, peu connu de la plupart d’entre nous. S’il fut marqué par des progrès de taille comme le début du chemin de fer, de l’électricité, du téléphone, il fut aussi un siècle où les inégalités sociales furent criantes.
Il est vrai que Pierre Stéphany a écrit toute une série d’ouvrages sur les deux guerres, la crise de 1929, l’année de l’Expo 58, les 30 Glorieuses, etc.
Un livre instructif et bien agencé.

Extraits :

- Dans les premières années de notre indépendance (1830) nos arrière-arrières grands-parents n’avaient pas de frigo, ni de télévision, ni d’automobile, ni d’indemnité de chômage. Il n’y avait pas d’allumette, pas d’eau courante, pas de trottoirs, pas d’égouts, pas de poste, pas de vitres aux fenêtres des maisons pauvres, pas de transports publics dans les villes, pas de coiffeurs pour dames, pas d’éclairage nocturne, pas de pensions, pas de vacances, et que les livres, les journaux, les théâtres, les médicaments, les diligences (ou ensuite les trains) coûtaient tellement cher que seul les riches pouvaient en profiter.

- Les tribus de paysans dans les campagnes vivaient dans la promiscuité, toutes générations mêlées, l’inceste n’était pas rare. Ils mangeaient rarement à leur faim. (…)

- Fréquenter l’école primaire était déjà une promotion et l’instituteur, surtout dans les villages, était une personnalité - même si la modicité de son traitement ( 1 000 francs par an en 1876) – l’obligeait encore souvent à faire des heures supplémentaires en tenant la modeste comptabilité des commerçants du coin.

- L’équilibre du couple changeait. Depuis 1918, les femmes, chez nous, pouvaient voter – au moins aux élections communales -.
Ndlr : c’est plutôt en 1921 que ces dames purent voter.