Dans l'ombre de Byzance : Sur les traces des chrétiens d'Orient
de William Dalrymple

critiqué par Sahkti, le 26 juillet 2004
(Genève - 46 ans)


La note:  étoiles
Les Chrétiens d'Orient
Il y a dix ans, William Dalrymple a effectué un voyage-pèlerinage sur les traces de Jean Moschos, un moine qui traversa l’empire byzantin au VIe siècle. De ce voyage vieux de 1400 ans est né un livre, "Le Père spirituel", dont Dalrymple s’inspirera tout au long de son périple personnel. Le point de départ est situé au Mont Athos, avant de traverser la Turquie, la Syrie, le Liban, Israël et puis l’Egypte. Voyage qui force la réflexion et la méditation chez William Dalrymple mais lui permet également de s’interroger longuement sur les chrétiens d’Orient. La perception de Dalrymple est celle d’un écrivain, d’un journaliste, d’un homme curieux des habitudes et modes de vie de ses contemporains. Afin de répondre (ou tenter de trouver les réponses) à ses questions, l’auteur a visité de nombreuses églises, a séjourné dans des monastères, s’est entretenu avec pas mal de monde tout au long de sa route (ce qui donne de très belles rencontres relatées dans l’ouvrage, empreintes de respect et de sensibilité humaniste). Quelques notes d’humour pimentent le récit et le rendent très vivant.
"Dans l’ombre de Byzance", William Dalrymple nous convie à des allers-retours incessants entre passé et présent, sur ses traces et celles de ses souvenirs, sur les pas des communautés chrétiennes qu’il a explorées avec beaucoup de précision. L’auteur dresse une conclusion quelque peu désabusée sur la situation de la chrétienté en Orient et les conflits grandissants qui menacent son équilibre, mais pas d’alarmisme à outrance : Dalrymple insiste sur la tolérance de certaines communautés musulmanes qui cohabitent sans heurts avec les chrétiens et n’hésite pas non plus à pointer du doigt les errances de certaines autorités politiques ou religieuses, notamment au sujet de la question des édifices historiques de Jérusalem.
A méditer, les leçons d’histoire en matière de tolérance n’étant jamais superflues!