La prison de Georges Simenon

La prison de Georges Simenon

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Catinus, le 25 mars 2020 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 68 ans)
La note : 9 étoiles
Visites : 125 

Un de meilleurs !

Jacqueline Poitaud est journaliste, spécialisée dans les interviews de stars. Elle est l’épouse d’Alain qui vient de la lancer un magazine érotique : « Lui ». Le couple a un enfant de cinq ans et mène une vie assez harmonieuse. Un jour, Jacqueline tue sa sœur Adrienne. Elle est arrêtée et mise en prison. Que s’est-il passé ?
Simenon nous décrit les quelques heures qui suivent l’arrestation. Nous suivons Alain Poitaud à la trace.
A signaler que l’on y trouve de nombreux dialogues. D’autre part, Alain a une manière de particulière de répondre à des questions auxquelles normalement on emploierait les lapidaires « oui » ou « non ». Par exemple : - Je peux prendre un croissant ? - Si vous pensez que cela vous fera du bien / - Je peux prendre une douche – Si cela te fait plaisir.

C’est brillantissime, probablement un des meilleurs romans de Simenon. Et, in fine, c’est assez effrayant tout cela …

Extraits :
* - Il fait que tu choisisses un métier, Alain.
Combien de fois sa mère lui avait-elle répété ? Il traînait dans les rues, dans les cafés.
- Je n’accepterai jamais une vie d’esclave.

* Il avait une besoin urgent de deux aspirines. Il les croqua parce que son médecin lui avait dit que les muqueuses de la bouche absorbent les médicaments plus vite que celle de l’estomac.

* Tu lui avais lancé une injure que je n’avais jamais entendue. Attends. Tu as prétendu qu’il était un visqueux !

* Par besoin de quoi ? D’une présence, en somme, de n’importe quelle présence. Les vieillards solitaires ont un chien, un chat, un canari. Certains se contentent d’un poisson rouge.

* Il avait besoin de s’agiter, d’entendre du bruit, des voir des êtres humains aller et venir, d’être entouré. Entouré, c’est le mot. D’être le centre, le personnage principal.

* Si vous aviez été à ma place pendant vingt-cinq ans, vous ne seriez pas surpris. Les femmes ont parfois besoin d’un être plus faible qu’elles, ou qu’elles croient plus faibles, d’un homme qui leur fasse pitié.

* - Tu veux bien l’attacher ? demanda-t-elle en lui tendant les deux pattes de son soutien-gorge.
Le même geste que Chaton, que les autres. Comment les femmes font-elles quand elles sont seules ?

* Il se servit du whisky que son fils regarda avaler avec intérêt.
- C’est bon ?
- Non.
- Meilleur que la limonade ?
- Non.
- Alors pourquoi en bois-tu ?
- Parce que les grandes personnes en boivent. On ne sait pas toujours pourquoi les grandes personnes font ce qu’elles font.

* - J’ai droit à un peu de vin dans mon eau, Mamie ?
- Demain. Seulement le dimanche.
- Demain, papa ne sera pas ici.
Elle regarda Alain et versa un trait de vin rouge dans le verre de l’enfant.

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