Une deux trois
de Dror Mishani

critiqué par Darius, le 19 mars 2020
(Bruxelles - - ans)


La note:  étoiles
Un suicide de trop
Je retrouve mon auteur de polar préféré. Après « une disparition inquiétante » qui m’avait emballé, je tombe à nouveau sur cet auteur que je m’empresse de lire..

Comme je le disais dans mon autre compte rendu, Dror Mishani, auteur israélien, bouscule les règles du polar. Il ne nous fourvoie pas dans 5 ou 6 pistes foireuses. Dès le départ, on connait le coupable, encore faut-il que les services policiers fassent une enquête. Car en Israël, ce n’est pas toujours le cas. Les responsables du pays sont trop investis en hommes et en argent à lutter contre leur voisin, les Palestiniens. Il en résulte que si on ne trouve pas d’écrits en arabe, les enquêtes sont confiées à des policiers locaux qui manquent de moyens et les enquêtes sont bâclées.

Le roman se découpe en trois histoires. Après avoir lu la première, la disparition « par suicide » d’une Israélienne sans problème, mais qui résulte en fait d’un assassinat, je suis restée sur ma faim.

J’entame la seconde histoire, et là, coup de théâtre, cette deuxième histoire rejoint la première. Quel coup de maître ! Malgré tout, la police israélienne conclut une fois de plus à « un suicide ». Il s'agit d'une auxiliaire de vie lettonne.

J’entame la troisième histoire sans entrain avec un air de « déjà vu », mais il en va tout autrement. Le lecteur est déstabilisé, ce ne sera pas « un suicide » de plus..

Evidemment c’est un polar, mais ces « faux suicides » ne sont là que pour garder le lecteur éveillé et en suspens. Selon moi, c’est de la vraie écriture, avec des descriptions de la vie quotidienne en Israël, des sentiments, des émotions bien décrites, des vies de famille, des gens qui travaillent et qui ont leurs problèmes familiaux. Henning Mankell, le maître du polar suédois, a d’ailleurs vanté les qualités de Dror Mishani

Vivement ses deux autres romans « les doutes d’Abraham » et « la violence en embuscade »