Et toujours les Forêts
de Sandrine Collette

critiqué par Elko, le 5 juillet 2020
(Niort - 44 ans)


La note:  étoiles
Apocalypse
« Les vieilles l’avaient dit […] : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon. Les vieilles ignoraient alors à quel point elles avaient raison, [...] et ce que cette petite existence connaîtrait de malheur et de désastre. »

A sa naissance personne ne veut de Corentin. Au fil des placements il atterrit chez sa grand-mère, isolée au milieu des Forêts. Plus tard il monte poursuivre ses études à la ville. Et c’est lors d’une soirée dans les catacombes que la « chose » survient. Le monde a brûlé, il n’en reste que cendres et fantômes. S’engage alors le combat de la survie, malmené entre espoir et menaces.

C’est un roman très dur. Rapidement il passe d’un récit familial à une chronique post-apocalyptique. Dans une version très noire (mais y en a t-il d’autres ?). Il faut d’abord ne pas sombrer dans le désespoir ou la folie, trouver des repères dans un monde défiguré. Et sans vie, c’est à dire sans avenir.
Après le premier choc Corentin décide de retrouver sa grand-mère. Au fil d’un temps qui n’existe plus il tente de reconstruire une forme d’existence. Mais tout est si fragile et si vain.

Sandrine Collette nous livre une histoire réaliste à faire froid dans le dos. Une sensation de malaise nous accompagne face à ce monde dévasté et à ces survivants sur le fil, prêts à basculer d’un côté ou de l’autre de l’humanité.