Souvenirs, souvenirs... de Catherine Nay

Souvenirs, souvenirs... de Catherine Nay

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Veneziano, le 25 décembre 2019 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 42 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (36 095ème position).
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La carrière d'une journaliste politique (1968-1995)

Catherine Nay, éminente journaliste politique depuis désormais un demi-siècle, décide de retracer sa carrière en évoquant ses souvenirs personnels, comme évoque le titre, tiré d'une chanson de Johnny Hallyday. Elle assiste à la fin du gaullisme éprouvé par mai 1968, le chaotique passage de relais avec Georges Pompidou, rapidement tombé malade, la disgrâce de Chaban-Delmas, les intrigues de Giscard, Chirac et Mitterrand, non sans victimes collatérales.
L'histoire politique de la Ve République étant connue, il est insisté ici sur les méthodes d'investigation des médias et de l'auteure en particulier. Elle évoque ses états d'âme, ses opinions personnelles et l'évolution relationnelle concernant les grands acteurs politiques, n'hésitant pas à s'appesantir sur leur apparence physique, comme de la sienne. Aussi la vie privée des unes, des uns et des autres est-elle quelquefois évoquée, notamment la sienne propre. Cela présente le mérite de la franchise, sans que de telles précisions s'avèrent précisément pertinentes. De manière plus édifiante, elle retrace le mode de recrutement et de débauchage des journalistes des grands organes médiatiques, en fonction des va-et-vient des majorités, succès et revers de leurs responsables et de leurs sbires. Aussi livre-t-elle de manière éparse des éléments de psychologique du personnel politique expliquant des pans de leur stratégie.
Alternant badinage et étude de fond, Catherine Nay pratique un curieux mélange des genres, souvent instructif et doté de fraicheur, parfois étonnamment superficiel. On peut globalement se laisser tenter.

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Fine observatrice politique

7 étoiles

Critique de Colen8 (, Inscrite le 9 décembre 2014, 79 ans) - 13 juin 2020

Ce qu’on retient des observations sur la durée de la journaliste politique de droite dans la presse écrite et à la radio, c’est la médiocrité. La plupart de ceux qu’elle côtoie à titre professionnel en tant qu’élus, ministres, chefs de partis, voire chefs d’Etats français ou étrangers y font montre de pusillanimité, de légèreté, d’ignorance, d’incompétence, de sectarisme ! Qu’en est-il réellement de l’intérêt général quand il s’agit pour eux avant tout de se hausser du col, d’entretenir les rumeurs à coups de calomnies afin de mieux étrangler symboliquement les rivaux potentiels, à moins de pratiquer entre amis la courte échelle pour accéder aux postes les plus recherchés en termes de pouvoir ?
Les crêpages de chignons entre les quelques dames sorties du rang pour faire valoir leur légitimité les révèlent aussi misogynes entre elles que l’est depuis si longtemps le milieu politique encore fortement masculin. Mais ils ne peuvent suffire à occulter les haines de la droite entre les barons du gaullisme qui multiplient les bassesses à l’encontre du parti giscardien et les centristes de droite qui ne rêvent que leur défaite pour assurer la réélection du président issu de leurs rangs à un second mandat. Peine perdue quand on connait la suite. Après la victoire mitterrandienne de 1981, les mêmes animosités s’afficheront dans le camp socialiste. Et tout recommencera à chaque nouvelle campagne présidentielle.
Dans un style concis enlevé et plaisant, celui qu’elle aura pratiqué durant ses premières années à l’Express, Catherine Nay, apparaît comme la jeune fille bien élevée d’une famille unie et chaleureuse. Représentative de la bourgeoisie catholique de province, elle fait revivre dans cette première partie s’achevant par l’élection de Jacques Chirac en 1995 un demi-siècle de l’histoire du pays vue par le petit bout de la lorgnette. Un pays auquel les transformations de l’après-guerre subies autant que voulues ont révélé une sociologie et une économie n’ayant plus que peu de choses en commun avec ce qu’il était auparavant. Ce premier tome même sans scoop à proprement parler donne envie de lire la suite.

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