Qui va avec ailes de Luce Guilbaud

Qui va avec ailes de Luce Guilbaud

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie , Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 6 novembre 2019 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 72 ans)
La note : 8 étoiles
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A tire d'ailes...

C’est tout petit, c’est joli, c’est mignon et c’est en couleur.

Est-ce de la poésie ? Est-ce un recueil de peintures aux couleurs pastel ?

Peu importe les questions, les définitions, les cases où l’on cherche à ranger les œuvres d’art. C’est un tout petit – c’est le format de la collection – recueil de poésies illustrées ou peut-être un petit catalogue de micro-peintures accompagnées d’une légende en vers libres et courts. Un petit opuscule qu’on lit, qu’on regarde, avec plaisir et attention pour ne laisser échapper aucun détail, aucune impression, mais qu’on écoute aussi, on l’a lu à haute voix, pour en apprécier la musique et voler avec les ailes de chacun au-dessus des pages de Luce Guilbaud.

Dans ce recueil elle, a regroupé trente peintures accompagnées chacune d’un poème, trente poèmes qui évoquent un être, un objet, ou même un esprit, ou autre chose encore et même des choses qui volent pas du tout, mais tout ce petit peuple a en commun la particularité d’avoir des ailes pour voler… ou pas. C’est très joli, les couleurs sont douces, presque toutes à dominantes vertes, couleur de la nature et de l’espoir, les textes sont légers somme le souffle d’air qui porte insectes, oiseaux et papillons, jouant une douce musique apaisante quand on les lit à haute voix. L’auteure raconte avec ses mots et ses couleur un monde irénique, un petit paradis dans lequel on voudrait pouvoir s’isoler de temps à autre pour oublier les vilénies du nôtre.

Mais, ce recueil n’est pas que lecture et peinture, c’est aussi un jeu, Luce ne nomme jamais ceux qu’elle peint, elle les dépeint dans son texte, et dissimule la première et la dernière lettre de leur nom dans la peinture figurant en regard du poème, invitant ainsi le lecteur à un petit jeu de devinette qui l’oblige à mieux regarder chaque illustration pour en percer le secret. Pour l’exemple :

« D’amour tendre
il aime son amie
mais s’ennuie parfois au logis
chargé de messages urgents
il voyage par tous les temps
sans jamais perdre le Nord. »

Vous l’aurez vite reconnu sans même utilisé le P et le N figurant dans l’illustration. Si vous voulez jouer encore, il faudra acquérir ce recueil !

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