La goûteuse d'Hitler
de Rosella Postorino

critiqué par Pascale Ew., le 7 octobre 2019
( - 52 ans)


La note:  étoiles
La guerre côté civil
En 1943, Rosa vit chez ses beaux-parents et attend le retour de son mari Gregor parti à la guerre. Elle est réquisitionnée avec d’autres femmes pour devenir une des goûteuses d’Hitler. Enfermée pendant des heures à manger puis attendre les éventuels symptômes d’empoissonnement dans une pièce, ces femmes d’abord liées par la peur apprennent à se connaître, partagent certaines détresses ou joies et certaines amitiés y naissent. Rosa n’approuve pas le nazisme, mais est contrainte de collaborer à sa façon.
Ce roman décrit la situation des Allemands qui n’ont pas adhéré au nazisme, mais ont dû malgré tout composer avec la situation, ses contraintes, la mentalité ambiante, tout en cachant leurs opinions et sans trop savoir à qui se fier pour dévoiler leurs états d’âme sans être considérés comme traîtres. L’auteure pose la question de la limite entre la compromission et le simple désir d’une vie tranquille, en fait la latitude ou marge de manœuvre accordée au simple citoyen allemand à cette époque. Rares sont les romans qui dépeignent ce côté de la frontière pendant la guerre.