Le Bourdonnement de la Lumiere Entre les Chardons
de Claude Donnay

critiqué par Débézed, le 29 septembre 2019
(Besançon - 72 ans)


La note:  étoiles
Dans la lumière des mots
« Heures sombres de l’hiver quand la joie est perdue, il semble qu’à l’entame le recueil ne laisse place qu’à un deuil désespéré.
Reste à « interroger la lumière » quand elle a cessé de briller aux yeux. L’effort des mots, la voix éteinte semble ne plus pouvoir le soutenir ». Jean Miche Aubevert, le poète de référence des Editions du Coudrier, introduit par ses mots le présent recueil. Il évoque la lumière, les heures sombres, le deuil, …, et enfin les mots que Claude Donnay a convoqués pour façonner les vers qu’il présente dans ce recueil.

« D’un regard
On interroge la lumière
Dans l’espoir
Qu’elle éclaire nos ombres ».

Dans ce recueil, le poète évoque tout ce qui gravite dans le champ de la lumière, un champ sémantique en clair-obscur qui évoque aussi bien la clarté que l’obscurité, dessine les objets en pleine luminosité ou dans une ombre plus ou moins épaisse. Avec un mot, deux, parfois trois ou quatre, il écrit un vers qui éclaire la feuille ou l’assombrit, qui évoque la mort plus souvent que la vie.

« Devrait-on
Mourir
Aux certitudes
Pour entrer
Dans l’errance ? »

Dans ce recueil, j’ai noté des mots récurent : lumière, étoile, soleil, ciel, nuit, vent, silence, feuille, peau, corps, mort, mots… Le poète, le confesse :

« Je serre le présent
Dans un mot ».

Avec ces mots qu’il a choisis avec soin, le poète raconte la lumière source de vie qui se voile dans la fine brume du vocabulaire laissant paraître cette légère mais prégnante impression de souffrance ou de douleur où l’on rejoint le préfacier. Parviendra-t-il à faire briller les mots sous cette douce lumière pour qu’ils dessinent les corps, caressent la peau, colore la feuille dans le silence d’un infime souffle d’air, redonne vie à ce qui fut ? L’optimisme ne semble pas de mise :

« On n’apprivoise pas
Le silence
Ni les remords »

La mort semble roder dans les parages de ces vers, et le poète essaie de la chasser ou de l’oublier dans cette impression de deuil qu’il nous laisse ressentir, dans cette invocation du désir auquel il voudrait croire encore.

« Entre vie et mort
Ce bourdonnement du désir
Où tout s’inscrit ».