Comme Disait l'Autre - Petit Recueil de Fausses Citations pour Clouer le Bec aux Faux Intellos
de Dominique Watrin

critiqué par Débézed, le 26 septembre 2019
(Besançon - 72 ans)


La note:  étoiles
Tu l'as dit bouffi !
Comme j’ai pu faire rire mes parents quand, enfant encore, je leur avais demandé : « Qui c’est l’autre ? », ce fameux autre qu’ils citaient si souvent dans leurs conversations. J’avais l’impression que c’était un gars qui savait tout sur tout, il devait être très intelligent et connaître une multitude de choses pour pouvoir émettre un avis sur presque tous les sujets que les adultes abordaient. Aussi je fus fort déçu quand mon père me confessa que ce n’était personne, ou peut-être tout le monde, que c’était la formule qu’on employait en général, l’auteur qu’on nommait quand on plaçait une citation tellement usitée, tellement ancienne, qu’on en avait perdu l’origine et l’auteur, s’il y en avait eu un.

Dominique Watrin a dû, tout comme moi, connaître cette expression dans son enfance et en apprécier toute la saveur pour l’utiliser comme titre de ce petit recueil de citations détournées. Las de voir tous les pédants, frimeurs, pseudo érudits, intellectuels de salon ou de comptoir, …, cherchant à épater la galerie par la culture qu’il pense démontrer en employant des formules beaucoup plus vieilles qu’eux-mêmes, usées jusqu’à la corde, rabâchés par plusieurs générations ou alors par des expressions à la mode que tout le monde emploie mais pas forcément à bon escient, il a voulu clouer le bec à tous ces fats, poseurs, faux dandys, il leur a concocté malicieusement un recueil de citations facile à glisser dans poche, comme un pense-bête qu’on peut consulter en cachette. Toute sa malice réside dans le détournement de pensées tout juste plausibles qui auraient été émises par des personnalités bien réelles pour donner naissance à de nouvelles citations beaucoup plus drôles et originales.

Il a réparti son recueil en quatre chapitres en fonction de l’âge des auteurs à qui il prête ses fausses citations :

Ceux qui sont morts (ceux qui ne pourront jamais contester la paternité des propos que l’auteur leur prête),
« Comme disait Léon Trotski, en débarquant en exil au Mexique pour échapper à Staline : « Heureux qui communiste, a fait un long voyage ! » »

Ceux qui sont très morts (la garantie absolue de n’être jamais contesté),
« Comme disait Armand Peugeot après avoir produit son deuxième modèle de voiture : « Jamais 203 ! » »

Ceux qui ne sont pas encore morts (« à l’heure où j‘écris ces lignes parce que parfois, ça va vite »),
« Comme disait Patrick Sébastien, lors de son premier concert en Russie : « On fait tourner les soviets … » »

Ceux qui ne mourront jamais (La mine d’or ! Ils ont la gloire et la notoriété et ne contesteront jamais)
« Comme disait l’ange Gabriel à propos de Joseph le charpentier qu’il trouvait niais : « Il n’a pas inventé la poutre. » ».

Et comme le dit l’éditeur si vous ne voulez pas rester muets en société devant les beaux parleurs, « Ce livre est pour vous ! Composé de réflexions 100% fausses prononcées par des personnalités 100% vraies », il vous évitera de passer pour un inculte. Essayez, je suis convaincu que vous ferez votre petit effet en plaçant ces bons mots à bon escient. La dérision mettra toujours les rieurs de votre côté et l’auteur n’a pas lésiné sur cet épice, il a eu la main un peu lourde mais c’est pour le bon goût.