Journal de voyage, tome 1 : 11 août 1904 - 26 décembre 1917
de Alexandra David-Néel

critiqué par Veneziano, le 4 septembre 2019
(Paris - 42 ans)


La note:  étoiles
Explorer l'Asie au début du XXe siècle
Alexandra David-Néel, grande exploratrice et orientaliste, convertie au bouddhisme, part faire un tour d'Asie afin de découvrir les territoires de ses objets d'études, entre l'Inde, l'Asie du sud-est, le Tibet, au statut alors incertain, la Chine, le Japon. Les modes de spiritualité, la frugalité de la vie sur place, des manières de se sustenter, de se déplacer, de se loger et de construire, l'importance de la recherche de quiétude font l'objet de rapports détaillés, mais sous forme épistolaire. Ce premier tome regroupe des lettres adresséesà son mari. Elle leur parle avec franchise, rudesse formelle, ce qui n'empêche pas une forme certaine de sensibilité.
Décidée, intellectuelle, curieuse d'esprit, exigeante mais assez juste et lucide, elle ne donne pas dans la fioriture et va droit au but dans ses descriptions de paysages, personnalités et dans la retranscription de ses états d'âme. L'Orient est retracé dans sa quotidienneté comme dans ses rites, de manière factuelle et synthétique, aller à l'essentiel n'allant pas sans une recherche d'exhaustivité. Un état d'esprit est autant soumis à la découverte de la lectrice et du lecteur que la topographie des lieux, si bien que l'épopée est vécue presque en grandeur nature, la faculté de visualiser étant facilitée. C'est instructif sur sa personnalité, sa volonté d'approfondir à fond ses thèmes de recherche, son goût pour un mode de pensée et d'existence. Cela fait réfléchir et en apprend beaucoup, même si les détails personnels et familiaux ne restent sans doute pas indispensables.