Les Animaux et leurs langages
de Eva Meijer

critiqué par Colen8, le 2 septembre 2019
( - 78 ans)


La note:  étoiles
L’erreur d’Aristote
Beaucoup des interactions des animaux entre eux et avec les humains ont été racontées depuis les années 1950. Les éthologues tout en s’accordant sur les aptitudes langagières ou de communication des dauphins, des éléphants, des primates, des perroquets, des corvidés, mais aussi des insectes sociaux et des invertébrés, reconnaissent qu’il nous reste énormément à comprendre sur leurs activités mentales. C’est ce que montrent leurs conclusions récentes des observations de terrain comme des études en laboratoire.
Les langages animaliers privés de parole à proprement parler n’en sont pas moins riches et sophistiqués dans les jeux de langages et les multiples canaux utilisés. Il y a les cris à différentes sonorités et fréquences selon les circonstances, certaines se produisant dans les infra-sons ou dans les ultra-sons inaudibles à nos oreilles, qui dépassent largement la recherche et la séduction des partenaires. Il y a les chants pour les oiseaux et certaines espèces marines, les attitudes corporelles des mammifères sauvages ou domestiques, leurs expressions faciales, leurs coutumes sociales entre eux et avec nos congénères.
Le langage considéré depuis Aristote comme le propre de l’homme est donc devenu s’agissant du règne animal, un champ ouvert à la réflexion philosophique dans la mesure où on lui a reconnu d’être aussi un instrument politique maîtrisé par les animaux. Que ce soit pour monter des alliances, organiser des actions collectives telles que la chasse, nourrir et protéger les plus faibles, marquer des signes de deuil, le fait est que nous en aurions hérité, justifiant que cet essai écrit par une philosophe pose aussi la question de l'éthique et celle de nos proches amis, les bêtes.