L'organisation
de Maria Galina

critiqué par Pucksimberg, le 16 août 2019
(Toulon - 40 ans)


La note:  étoiles
Ghosbusters en URSS
Rosa, une jeune fille de 17 ans inexpérimentée, trouve un travail au Centre d’assainissement du port d’une ville russe. Ce job, elle ne sait pas vraiment en quoi il consiste. Ses collègues sont flous, lui demandent de traduire un texte de Lévi-Strauss sans montrer la logique d’un tel travail dans un tel lieu. Heureusement qu’elle a toujours sous la main son « Angélique, marquise des anges » qui lui permet de supporter son quotidien. En 1979, en URSS, c’est la stagnation. Les collègues de Rosa sont assez secrets et semblent cacher quelque chose qui la dépasse. Vassili semble mener une enquête, Petrichtchenko médecin donne souvent des ordres tout en étant dépassée par des problèmes personnels, une fille rebelle et une mère grabataire dont elle a la charge … Les choses deviennent de moins en moins rationnelles et il est rapidement question de fantômes …

Ce roman est un bon divertissement pour l’été. Les chapitres sont courts ce qui insufflent du rythme et les dialogues sont très présents dans tout le texte. « L’Organisation » repose sur plusieurs personnages que le lecteur apprend à découvrir tout au long du roman sans qu’il y ait pour autant un personnage héroïque. Tous les personnages ont des défauts ou bien ne suscitent pas l’admiration. On ressent une certaine curiosité à suivre ces individus dans un univers ancré dans un contexte social réaliste dans une grande partie de l’œuvre. Par la suite, le roman devient fantaisiste et complètement barré, sans doute trop à mon goût. Dans « Sumerki », Glukhovsky mêlait le monde maya à la Russie, ici c’est le wendigo qui se mêle à cet univers. Je n’ai pas vraiment senti que ce mariage fonctionnait …

Il est vrai qu’en toile de fond une certaine critique sociale est notable et certaines magouilles sont dénoncées quant à certains privilèges et à l’imposture de certains thésards. Les problèmes financiers du pays à cette époque sont aussi perceptibles dans certains passages, du moins dans des détails qui permettent de contextualiser l’œuvre.

L’écriture est vive, mais ne possède pas de vraies qualités littéraires à mes yeux. Le style oral et simple permet d’entrer rapidement dans ce roman, sans pour autant séduire le lecteur. La quatrième de couverture ose un rapprochement avec Boulgakov. Ce rapprochement est un peu osé et peu crédible. Ce roman est divertissant et c’est déjà très bien ! Il ne révolutionne pas le genre et la plume de Maria Galina n’est pas exceptionnelle. Ce n’est évidemment que mon point de vue !
Parasites de 2° catégorie 3 étoiles

Le bureau SSE-2 est chargé de missions pour le moins curieuses. Il doit inspecter les bateaux qui débarquent pour s’assurer qu’aucun parasite de 2° catégorie ne se dissimule dans les cargaisons.
Et ces parasites sont aussi variés que dangereux, puisqu’il s’agit d’esprits malveillants, de fantômes...
Quand deux cadavres aux jambes mutilées sont découverts, il ne fait aucun doute que ses employés ont failli à leur mission.
Il faut donc un responsable, tout trouvé en la personne du chef de ce bureau Éléna Serguéievna Petrichtchenko, (petit nom Ledka), docteur es sciences qui cumule les soucis personnels, familiaux et professionnels. Entourée de l’étrange Katia capable de prédire et d’organiser l’avenir sur demande, de Vassili lui aussi doué de capacités particulières. Et au milieu, la jeune et naïve Rosa, 17 ans, qui pensait que travailler dans ce bureau allait lui permettre d’intégrer une école supérieure de langues.

Les trois autres titres de la sélection Science-fiction m’ont fait découvrir un univers que je ne connaissais pas et que j’ai apprécié. Mais nul doute que si j’avais commencé avec ce titre, je ne serais pas allée plus loin.
Le récit m’a paru embrouillé au possible, je n’arrivais pas à savoir où nous emmenait l’autrice et pour une fois, j’ai apprécié l’aide de la quatrième de couverture.
Gênée aussi par les patronymes russes et leurs usages, une même personne pouvant être nommée de 3 façons différentes.
"Les explications de Vassili, toujours très détaillées et totalement hors de propos, ne cessaient de la désarçonner". Je suis bien d’accord avec Rosa !!

Marvic - Normandie - 61 ans - 20 mai 2020