L'organisation de Maria Galina

L'organisation de Maria Galina
(SES-2)

Catégorie(s) : Littérature => Russe

Critiqué par Pucksimberg, le 16 août 2019 (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 39 ans)
La note : 6 étoiles
Visites : 265 

Ghosbusters en URSS

Rosa, une jeune fille de 17 ans inexpérimentée, trouve un travail au Centre d’assainissement du port d’une ville russe. Ce job, elle ne sait pas vraiment en quoi il consiste. Ses collègues sont flous, lui demandent de traduire un texte de Lévi-Strauss sans montrer la logique d’un tel travail dans un tel lieu. Heureusement qu’elle a toujours sous la main son « Angélique, marquise des anges » qui lui permet de supporter son quotidien. En 1979, en URSS, c’est la stagnation. Les collègues de Rosa sont assez secrets et semblent cacher quelque chose qui la dépasse. Vassili semble mener une enquête, Petrichtchenko médecin donne souvent des ordres tout en étant dépassée par des problèmes personnels, une fille rebelle et une mère grabataire dont elle a la charge … Les choses deviennent de moins en moins rationnelles et il est rapidement question de fantômes …

Ce roman est un bon divertissement pour l’été. Les chapitres sont courts ce qui insufflent du rythme et les dialogues sont très présents dans tout le texte. « L’Organisation » repose sur plusieurs personnages que le lecteur apprend à découvrir tout au long du roman sans qu’il y ait pour autant un personnage héroïque. Tous les personnages ont des défauts ou bien ne suscitent pas l’admiration. On ressent une certaine curiosité à suivre ces individus dans un univers ancré dans un contexte social réaliste dans une grande partie de l’œuvre. Par la suite, le roman devient fantaisiste et complètement barré, sans doute trop à mon goût. Dans « Sumerki », Glukhovsky mêlait le monde maya à la Russie, ici c’est le wendigo qui se mêle à cet univers. Je n’ai pas vraiment senti que ce mariage fonctionnait …

Il est vrai qu’en toile de fond une certaine critique sociale est notable et certaines magouilles sont dénoncées quant à certains privilèges et à l’imposture de certains thésards. Les problèmes financiers du pays à cette époque sont aussi perceptibles dans certains passages, du moins dans des détails qui permettent de contextualiser l’œuvre.

L’écriture est vive, mais ne possède pas de vraies qualités littéraires à mes yeux. Le style oral et simple permet d’entrer rapidement dans ce roman, sans pour autant séduire le lecteur. La quatrième de couverture ose un rapprochement avec Boulgakov. Ce rapprochement est un peu osé et peu crédible. Ce roman est divertissant et c’est déjà très bien ! Il ne révolutionne pas le genre et la plume de Maria Galina n’est pas exceptionnelle. Ce n’est évidemment que mon point de vue !

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