Un sac
de Solène Bakowski

critiqué par Reginalda, le 7 juillet 2019
(lyon - 52 ans)


La note:  étoiles
Inepte
Anna-Marie Caravelle se balade en pleine nuit place du Panthéon avec un sac. Diable, mais que contient-il donc ? Cette brûlante question est censée tenir le lecteur en haleine tout le livre durant. Autant le dire d’emblée, on ne tarde pas à s’en contreficher tant les sujets d’irritation fourmillent à mesure qu’on avance dans ce petit roman. Et la révélation du fameux contenu n’est qu’une ineptie de plus, venant s’ajouter à l’accumulation de ses semblables.
Rien ne fonctionne. L’intrigue est un tissu d’invraisemblances qui se donnent pour plausibles ou du moins révélatrices du caractère impitoyable de l’existence, alors que les péripéties sont au mieux sordides et au pire le produit d’une vision malhonnêtement romantique de la prostitution, de la clochardisation et du meurtre. Quant aux personnages, inutile de penser en trouver un seul : ce sont des pantins sans aucune chair, ni deux sous d’épaisseur. À peine des vues de l’esprit. La faute en revient sans doute largement au style, qui lorgne du côté de la gouaille d’un Audiard ou du réalisme poétique d’un Prévert, mais ne parvient qu’à tortiller des phrases isolées, dont l’application sent l’exercice de style. Ce n’est pas en mettant bout à bout des aphorismes et autres jeux de mots qu’on parvient à construire un texte ayant un souffle et une unité.
Bref, circulez, y a rien à voir. Le livre a reçu le prix spécial du jury Amazon en 2015 et a figuré parmi les meilleures ventes de l’autoédition. Je n’ose imaginer le niveau de ceux qui n’ont rien obtenu.