Le Vagabond qui passe sous une ombrelle trouée
de Jean d' Ormesson

critiqué par Hervé28, le 3 juin 2019
(Chartres - 50 ans)


La note:  étoiles
Vagabondages....
« Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée » est dans la droite ligne de « Au revoir et merci » et de « Au plaisir de Dieu ». Jean d’Ormesson situe son propre livre entre le roman et l’essai.
Un roman quasi autobiographique où il évoque, une nouvelle fois, son père et ses promenades autour de la pièce d’eau du château de Plessis-lez- Vaudreuil ou de Saint Fargeau, on ne sait plus où se mêlent fiction et réalité avec Jean d’Ormesson. D’ailleurs il s’amuse avec le lecteur, en s’inventant outre une sœur, une généalogie digne d’un roman d’Emily Brontë (avec l’histoire délicieuse de Lady Ann) et des ancêtres vikings (avec Eric à la barbe blanche dont nous suivons le long périple).
Dans « Garçon, de quoi écrire », il avouera en effet à François Sureau la supercherie de ses ancêtres irlandais.
Le lecteur n’échappe pas à l’épisode du Figaro, et de son élection à l’académie française, deux distinctions qu’il a déposé sur la tombe de son père, après avoir écrit un château de mots pour sa mère (« Au plaisir de Dieu ») pour la perte du château de Saint Fargeau .
Jean d’Ormesson développe aussi son goût pour la littérature, son mépris pour le nouveau roman, le rôle des salons littéraires et n’oublie pas Dieu et le temps dans ce livre.
Ce roman écrit en 1978, préfigure « le rapport Gabriel » (1999), « c’était bien »(2003) mais surtout le superbe « je dirai malgré tout que cette vie fut belle ».(2016)
Pour ceux qui veulent prolonger la lecture du « vagabond qui passe sous une ombrelle trouée », je vous engage à visionner l’émission Apostrophes du 19 mai 1978 avec Jean d’Ormesson qui présente son ouvrage, Michel Déon, Marcel Jullian et Henri Vincenot. L’émission est à l’image du livre : pétillante, drôle et enlevée.