Un putain de salopard Tome 1 - Isabel de Régis Loisel (Scénario), Olivier Pont (Dessin)

Un putain de salopard Tome 1 - Isabel de Régis Loisel (Scénario), Olivier Pont (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Hervé28, le 29 avril 2019 (Chartres, Inscrit(e) le 4 septembre 2011, 50 ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (33 963ème position).
Visites : 577 

Un premier volume intrigant

J'avoue avoir hésité avant d'acheter cet album. D'une part, j'ai peur que Régis Loisel nous réitère le coup de la trilogie en 9 volumes comme sur "Magasin général" et d'autre part, les derniers opus d'Olivier Pont ne m'avaient guère tenté ("Bouts d'ficelles" et "DesSeins"). Mais j'avoue que l'alchimie des deux auteurs m'a intrigué.
J'ai retrouvé dans ce premier volume la fraicheur du dessin d'Olivier Pont que j'avais très apprécié avec "Là où le regard ne porte pas". Les personnages sont très facilement identifiables et ont tous des trognes particulières. Je dois saluer au passage les couleurs de François Lapierre qui réalise là un travail remarquable sur cet album.
Que dire du scénario? Et bien, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la lecture de cet album de près de 88 pages. C'est rondement mené , cela va très vite, même si les cris des "coco, Chacha, Cricri" m'ont fatigué.
Bien sûr, on devine que les routes parallèles des deux infirmières idéalistes au sein de la forêt amazonienne et celle de Max vont une nouvelle fois se recroiser.
J'espère seulement au vu de la dernière planche (magnifique pleine page au demeurant) que le petit côté fantastique que j'entrevois ne l'emportera pas sur le récit de la recherche du père de Max.
Un a priori plutôt positif pour ce premier album d'une série qui en comptera trois selon les dires des auteurs (enfin, je l'espère)

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Papaoutai papateki ?

8 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 23 juin 2019

Présentée comme la nouvelle série événement par l’éditeur Rue de Sèvres, Un putain de salopard réussit avec ce premier tome son entrée en matière. Avec Régis Loisel au scénario, on n’en attendait pas moins. Plus connu comme dessinateur, celui-ci a également prouvé qu’il savait raconter des histoires, avec notamment sa fameuse adaptation de Peter Pan. Pour ce projet les pinceaux ont donc été confiés à Olivier Pont, dont l’œuvre la plus connue reste jusqu’à présent Où le regard ne porte pas…

Cela faisait un moment que les deux hommes souhaitaient travailler ensemble, depuis le jour où ils passèrent des vacances ensemble en Guyane. Fort logiquement, l’histoire se déroule donc en Amérique du sud, à proximité du chantier de la Transamazonienne, ce qui confère au récit un côté western à la « Indiana Jones ». Si la narration reste de facture assez classique, elle est particulièrement bien construite, avec un humour bien senti, parvenant à nous captiver dès les premières pages, notamment grâce à des personnages très réalistes. Des personnages somme toute ordinaires, qui pour le coup n’ont pas le profil du héros type, avec lesquels le lecteur peut ainsi facilement s’identifier. Par sa candeur et sa jeunesse, Max n’a en effet rien de Harrison Ford – il vient juste en touriste ! - pas plus que les personnages féminins, les « trois C… », n’évoquent Lara Croft… Les auteurs ont joué la carte de la modernité, en intégrant l’évolution des mœurs, prenant totalement à contrepied les tenants de la BD à papa. En dehors de Max, il y a donc Charlotte et Christelle, le couple de lesbiennes infirmières, et Corinne, la jolie expat au caractère bien trempé et à la sexualité libre - il faut tout de même préciser que cela se passe dans les années post-hippies !

Et tout cela ne concerne que l’introduction, car l’histoire va s’emballer au bout de quelques pages pour ne plus rétrograder, avec maintes péripéties dans un environnement où les hommes ne sont pas des enfants de chœur… C’est par ce contraste typologique que réside en grande partie l’intérêt du récit.

Graphiquement, on ne sera aucunement déçu par le trait enlevé d’Olivier Pont, bien en accord avec le dynamisme de la narration et pas si éloigné de celui de son camarade Loisel. Il consiste en un dosage savant entre burlesque franco-belge et finesse des expressions, excluant toute vulgarité même lorsque les corps sont dénudés… Par ailleurs, il serait injuste de ne pas relever la participation du coloriste François Lapierre, qui a fait un très beau travail sur les nuances de vert de la jungle amazonienne.

Lorsqu’on arrive au terme de ce premier chapitre, il va sans dire qu’on a envie de voir à quoi il ressemble, ce « putain de salopard ». Car c’est pour l’instant le seul qualificatif, pour le moins peu élogieux, qui définira le père inconnu de Max, pour peu qu’il soit encore de ce monde… On espère juste qu’il ne faudra pas attendre huit tomes pour en avoir la révélation et que, malgré toutes ses qualités, cela ne sera pas une série à rallonge de plus. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’une trilogie, ce qui serait une très bonne nouvelle !

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