Francoscopie 2030
de Gérard Mermet

critiqué par Colen8, le 22 avril 2019
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Casse-tête sur fond de grand chambardement
C’est la 14ème édition de cette série biennale créée en 1984, qui dresse un état des lieux de la France, de ses habitants, de leur perception du monde et par le monde. Sur la base d’une pléthore de paramètres qualitatifs et quantitatifs elle en apporte une vision large et cohérente pour affronter des changements accélérés comme jamais auparavant au point d’en avoir le tournis. Malgré des marges de manœuvres étroites et des faiblesses identifiées de longue date elle s’appuie sur un potentiel insuffisamment exploité pour proposer et détailler une stratégie modérément optimiste dans un contexte mondial en croissance ralentie doublé d’une menace sur l’emploi consécutive à la robotisation intelligente de nombreuses tâches. Entre ceux qui voient le verre à moitié plein et les autres qui le voient à moitié vide, elle privilégie donc les premiers auxquels est demandé un comportement responsable en faveur de l’intérêt général.
Il n’empêche, en plus de l’endettement en augmentation constante pour atteindre 100% du PIB, le rang de la France a reculé dans maints domaines, les inégalités se sont accrues, tandis que les habitants recherchent l’hédonisme, le bien-être personnel allant de pair avec la réduction du temps de travail plus que l’effort collectif pour se remettre dans le mouvement de la mondialisation. La détérioration du modèle républicain exprimée par la fracturation des groupes sociaux rend insoluble l’équation visant à rétablir la confiance :
- réduire les déficits publics, les charges sociales et fiscales des entreprises
- augmenter le pouvoir d’achat des ménages, la solidarité nationale
- restaurer l’environnement, assurer la transition énergétique
- respecter les engagements européens.
Les plus grands changements sont à attendre de la technologie qui induira mécaniquement les autres :
- « infotechs » pour désigner ce qui relève de l’information, de la communication, des outils et supports nécessaires aux échanges
- « biotechs » correspondant aux sciences du vivant
- « nanotechs » dans la fabrication de matériaux et produits variés
- « écolotechs » visant à réduire l’empreinte environnementale des activités humaines
- « spatiotechs » dans l’exploration planétaire et spatiale, sans oublier les « aquatechs », « robotechs », « neurotechs », « énergietechs », « logitechs » etc.
Il y a là matière à réflexion autant qu’à discussion pour laisser ceux qui le veulent vraiment trouver une sortie par le haut.