Un seul être vous manque de Sonia Cadet

Un seul être vous manque de Sonia Cadet

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Shelton, le 19 avril 2019 (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 63 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 908 

Très bon premier roman policier !

On a parfois le sentiment que la littérature policière est arrivée à son aboutissement, que rien de nouveau ne peut être écrit et que tout a été dit, une fois pour toutes ! En même temps, à chaque nouvelle lecture, du moins au départ, il y a une petite palpitation qui nous envahit… Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Quand j’ai appris que le Prix du premier roman policier du festival de Beaune avait été attribué à Sonia Cadet pour son « Un seul être qui vous manque », j’ai voulu en savoir plus et, surtout, lire le roman car le juge de paix dans le domaine, c’est bien la lecture !

Au départ, les choses sont très simples… Yves Baron décède soudainement. C’est un bourgeois local apprécié de tous sur l’île de la Réunion. Il dirige une entreprise de bâtiment, de construction et sa réputation est excellente. Il est marié et il a deux enfants… Dans l’entreprise familiale, on trouve aussi son frère, son gendre…

Seulement, voilà, les analyses sur le corps confirment l’inimaginable : Yves Baron a été empoisonné, son décès est un crime ! Sa veuve, Carole est dévastée et embourbée dans un chagrin monstrueux. Non seulement son mari disparait mais en plus elle a quelqu’un, là près d’elle, quelque part, qui a voulu cette mort… Qui ? Pourquoi ?

A partir de là, on pourrait se croire dans un roman très classique, trop classique peut-être même ! Pourtant, l’autrice, Sonia Cadet, va nous surprendre par la construction de son roman, par la nature humaine des personnages, par sa façon de se mouvoir dans un « whodunit » sans enquêteur bien défini… Bref, sous les apparences du grand classicisme, on est dans un roman plutôt atypique…

La construction ? Tout simplement parce que le roman qui se déroule sur plusieurs semaines présente à chaque époque, chaque chapitre, le point de vue d’un personnage alors que la narratrice est toujours neutre et impersonnelle. Chaque personnage donne à un moment donné sa vérité et du coup le lecteur est un peu en difficulté pour regrouper les informations et se faire sa propre idée du meurtre, du moins durant les deux premiers tiers de l’ouvrage…

L’enquêteur ? Disons-le clairement, le policier chargé de l’enquête est assez insignifiant, même par certains côtés, absent du roman. Durant plusieurs semaines, il ne trouve aucune piste ce qui ne fait pas beaucoup… Carole, l’épouse bouleversée, va demander à son ami d’enfance de mener cette enquête, du moins de l’aider à y voir clair… Pour cela, elle le nomme officiellement responsable d’un audit dans l’entreprise familiale… Après tout, il pourrait bien comprendre à qui profite le crime !

Attention, je vous coupe tout de suite, ne croyez pas que Pierre est un amant de Carole ou quelque chose de ce genre… Je viens de vous dire qu’il s’agissait de son ami, son meilleur ami, son ami d’enfance… Normalement, on ne mélange pas tout… Faut rester raisonnable !

Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus si ce n’est que le roman est bien écrit, agréable à lire et qu’il n’a rien d’un ouvrage régional pour chanter la gloire et la beauté de la Réunion. Son implantation sur l’île est une réalité, cela constitue un décor pas un objectif principal. La même histoire aurait pu se dérouler ailleurs sans aucun problème…

Je trouve que le jury de Beaune a fait un bon choix et j’espère lire de nouveaux romans de cette autrice Sonia Cadet sur laquelle je n’ai trouvé que fort peu de renseignements… Normal, c’est un prix pour un premier roman et donc tout est à venir…

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