L'espace d'un an
de Becky Chambers

critiqué par Malic, le 27 mars 2019
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Les tunneliers de l'espace
Arrivée en navette, la jeune Rosemary embarque en plein ciel sur le Voyageur pour y prendre le poste de greffière pour lequel elle a été recrutée. Le Voyageur est un vaisseau perceur de tunnels, dont la fonction consiste à ouvrir des passages afin de rendre accessibles de nouvelles zones de l’espace.

« L’espace d’un an » est un space opéra plutôt atypique, quasi intimiste, presque toute l’histoire se déroulant à l’intérieur du vaisseau, ce qui n’empêche pas de nombreuses péripéties. Un des grands mérites de l’auteur c’est de parvenir à rendre crédibles et attachantes les créatures extraterrestres qui côtoient les humains dans l’équipage. Malgré des différences qui vont bien au-delà des couleurs de peau – six pieds pour l’une, des plumes ou des écailles pour d’autres - elles finissent par apparaître familières au lecteur, qui voit en elles avant tout des êtres intelligents avec leurs sentiments et leurs problèmes. Roman que certains on qualifié de « feel good », dans lequel on trouve très peu de méchants. Certes les Quélins (des espèces de homards géants) sont très désagréables, mais c’est surtout qu’ils sont bornés.

L’auteur joue aussi bien sur le dépaysement du lecteur (SF oblige) que sur les situations dans lesquelles on est en pays connu : les rapports de travail, les sentiments, Jalousie, amitié, amour. y compris l’amour inter espèces. On a même droit à un début de romance entre un humain et une machine d’intelligence artificielle qui pourtant ne ressemble à rien d'autre qu'à une machine.

Les néologismes inévitables en raison du déroulement dans le futur et des avancées technologiques, sont bien trouvés et rapidement assimilables.

Un roman intelligent et plutôt bien écrit, qui se lit très facilement et dans lequel on se sent bien.