Le coeur à l'ouvrage
de Sylvine Thomassin

critiqué par CHALOT, le 24 mars 2019
( - 71 ans)


La note:  étoiles
étonnant, lucide et passionnant
« Le cœur à l'ouvrage »
livre de Sylvine Thomassin
Geai Bleu éditions
février 2019
160 pages pour la partie livre, 220 avec les annexes


Livre passionnant et tellement humain

Quand ma fille Aline qui habite à Bondy m'a offert ce livre écrit par la première magistrate de sa ville, elle m'a dit : surtout tu l'appelles Madame la Maire, elle y tient....
J'ai souri puis j'ai vite compris les arguments de Madale Thomassini, je les partage....
En attendant, rivé et passionné, j'ai lu ce livre d'une seule traite.
Si l'auteure évoque son enfance et sa vie, elle n'en fait pas le corps principal de cette œuvre.
On y apprend ses engagements....Elle est socialiste, catholique et féministe.
Elle assume ses trois engagements et montre qu'ils forment un tout cohérent.
Je veux bien la croire d'autant plus, qu'humaniste elle défend le progrès social et la laïcité.
L'auteure aime sa ville et les gens, c'est ce que le lecteur comprend très vite. Il est d'ailleurs comme moi, du moins je le crois, convaincu de la sincérité de cette femme exceptionnelle.

Elle explique bien les difficultés qui sont celles de tous ceux et de toutes celles qui gèrent des villes pauvres face à l'étranglement financier lié à la baisse drastique de la dotation globale de fonctionnement.
Elle aborde toutes les questions clés, y compris les questions de sécurité.
Oui, « la police est un bon marqueur des inégalités territoriales organisées par l'attitude de Tartuffe de l'Etat et de ses services publics »
Pour enfoncer le clou ; elle montre que ce serait une erreur d'armer la police municipale , même si certains Bondynois le voudraient.
On ne doit pas se substituer à l'Etat et par là-même cautionner objectivement sa politique qui vise à « diminuer à moyen ou long terme sa responsabilité dans la sécurité de nos habitants. »
Voici un exemple des sujets traités mais tous les autres le sont avec chaleur et une argumentation solide.
Opposée au libéralisme, socialiste unitaire de conviction, Madame le Maire croit à l'élitisme républicain et à la défense des principes qui, mis en pratique participent à la réduction des inégalités.

Alors que 90% des dépenses culturelles profitent à 10% de la population à l'échelle nationale, elle mène avec son équipe une politique hardie visant l'accès du plus grand nombre à la culture.

Quant à la démocratie participative, c'est un fil conducteur mis en avant dans cette ville qui regroupe plus de 100 nationalités afin que le « vivre ensemble » le vrai, ne soit pas un slogan creux.
Comment mener une politique qui réponde aux besoins de la population sans que les concernés ne soient pas associés aux choix qui les concernent ?
En cette période où comme elle le dit, la banlieue est « laissée en plan », il est nécessaire que la résistance s'organise dans ce département « la Seine Saint Denis » où ce gouvernement « organise les injustices ».....
Mais ici , comme ailleurs, le mouvement des gilets jaunes fait trembler le Palais de l'Elysée qui ne sait répondre à la colère du Peuple français, désespéré que par le déni et la force .
La colère des gens est légitime mais ne s'exprime pas dans les institutions ….
Il y a là un décalage réel.

Bravo à l'auteure pour son travail réflexif et l'ouverture de champs d'espoir à construire ensemble.

Jean-François Chalot