Esperanto and Its Rivals: The Struggle for an International Language
de Roberto Garvia

critiqué par Elya, le 11 mars 2019
(Savoie - Dauphiné - Ardèche - 29 ans)


La note:  étoiles
Histoire des principales langues construites
Ce livre retrace un chapitre de l'histoire européenne voire mondiale passionnant, bien que complétement délaissé. Très peu d'ouvrages sont consacrés en français au sujet, et ceux qui existent datent de plusieurs décennies et ne sont plus édités. La période concernée est celle de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Que s'est-il passé d'autre durant cette période que la mise en place par exemple de la démocratie directe aux États-Unis, l'exposition universelle de Paris ou encore la funeste première guerre mondiale ? Cette époque a vu naître et prospérer des langues construites, avec pour finalité la volonté d'utiliser une langue pour communiquer à l'échelle mondiale qui ne soit pas celle d'une grande nation.

C'est cette histoire que nous conte l'auteur de cet ouvrage très documenté. Bien sûr, l'auteur revient sur les premiers projets de langue construite qui ont émergé au Moyen-Âge, sous la plume de philosophes ou scientifiques. Mais aucun n'a perduré dans le temps. Il faudra attendre le XIXème siècle pour qu'un nouvel engouement se crée autour des langues construites. Il est difficile de dénombrer combien de projets de langues construites ont vu le jour depuis la nuit des temps ; plusieurs centaines a minima. Mais seules 3 langues construites se sont vraiment diffusés internationalement sur une assez longue échelle de temps : le Volapük, l'Espéranto et l'Ido. Ainsi l'auteur du présent ouvrage se focalise principalement sur l'histoire de la création et de l'évolution de ces trois langues. Il explicite longuement le contexte politique qui les a vu naître, et donne des éléments de réponse permettant d'expliquer pourquoi l'Espéranto est aujourd'hui la langue construite la plus parlée dans le monde.

Le style de l'auteur est assez académique, mais pas déplaisant pour autant. Il s'en tient à des éléments factuels. S'il revient longuement sur les courants idéologiques et religieux qui ont porté ces langues - le catholicisme pour le Volapük, le pacifisme, l'apolitisme, ou encore la gauche révolutionnaire pour l'Espéranto, et enfin la démarche scientifique pour l'Ido - il ne semble jamais prendre parti pour une langue plutôt qu'une autre. Ce livre ne nécessite pas de pré-requis particulier concernant des connaissances de base de cette période de l'histoire ou de ces langues. Il saura sans doute tout de même contenter les lectrices et lecteurs déjà avertis.