Olga
de Bernhard Schlink

critiqué par Nav33, le 5 mars 2019
( - 71 ans)


La note:  étoiles
Histoire intime , dans l'histoire de l'Allemagne au 20ème siècle
Au tout début du XXe siècle la petite Olga, une enfant vive et curieuse de tout, vit dans un quartier pauvre d'une ville de Silésie. Son père et sa mère meurent du Typhus et sa grand-mère paternelle l'emmène dans son village de Poméranie dans un environnement triste, sans livre et sans musique.
Une amitié enfantine naît entre elle et Herbert le fils du notable le plus riche, un industriel. Malgré les obstacles Olga parvient envers et contre presque tous à passer et réussir le concours d'entrée à l’École Normale d’institutrices. Herbert n'est pas du tout motivé par les études, et nourrit des rêves d'aventures. Ses parents voudraient le destiner contre son gré à prendre la succession paternelle et à se marier dans son milieu social. Olga et Herbert deviennent amants. La sœur d'Herbert intrigue pour la faire muter dans une école à Tilsit aux confins de l'Empire Allemand. Herbert part dans l 'armée dans les colonies allemandes du Sud-Ouest africain, où il souhaite combler son désir d'espaces désertiques, mais on comprend qu'il prend certainement part aux exactions contre les indigènes.
Olga mène tant bien que mal sa vie d'institutrice à Tilsit avec une relation d'entraide et d'amitiés avec une famille voisine qui a notamment un petit garçon, Eik, dont elle s'occupe beaucoup.
Après l'Afrique du Sud-Ouest Herbert entreprend sans cesse à titre civil de nouveaux voyages, en Amérique du Sud, en Carélie etc., Entre ses absences prolongées il revient vers Olga à laquelle il reste fidèle. Son obsession finale concerne les régions polaires, et plus précisément le Spitzberg et le passage du Nord Est. Son projet se concrétise par un départ en 1913.
Il serait dommage de dévoiler la suite du roman aux futurs lecteurs. On peut au moins dire que la toile de fond sera celle des deux guerres mondiales, et que l’histoire, la petite histoire, celle d’Olga s'achève en 1971. Il y a une confrontation entre cette « petite histoire » et la « grande » histoire de l'Allemagne avec ses rêves de grandeurs fumeux et la dernière page met en place la clé de voûte de cet édifice. Le récit remarquablement bien construit. C'est un roman profondément féministe tout en délicatesse. Les inconséquences d'Herbert, et celles criminelles de ses contemporains, font l'objet de tristesse et d'amertume de la part d'Olga, mais pas de colère démesurée, car elle s'oppose justement à toute la démesure qui selon elle, est la source de la catastrophe allemande au XXe siècle. Cela n'empêche pas sa détermination et son acte final.