L'Enfant Etoile
de Fred Mustard Stewart

critiqué par Cédelor, le 15 février 2019
(Paris - 47 ans)


La note:  étoiles
Une SF écologique des années 70
J’ai dans ma bibliothèque personnelle quelques romans de SF « des temps anciens » (des années 60 et 70) glanés ici ou là, je ne sais plus moi-même comment ou où ! Après un peu d’hésitation, mon instinct m’a fait choisir « L’enfant étoile » de Fred M. Steward. Jamais entendu parler de cet auteur, mais mon instinct ne m’a pas trompé en me le faisant choisir.

Alors un mot d’abord sur l’auteur, Fred Mustard Steward. La page wikipedia dit :

Fred Mustard Stewart (né le 17 septembre 1932 à Anderson en Indiana et mort le 7 février 2007 à New York) est un romancier américain dont les romans les plus connus sont The Mephisto Waltz (1969), qui a été adapté au cinéma pour un film du même nom, Six Weeks (1976), aussi adapté au cinéma, Century, et Ellis Island (1983), adapté sous forme de mini-séries télévisées par la chaîne américaine CBS en 1984. Diplômé de l'université de Princeton en 1954, il a dans un premier temps entamé une carrière de pianiste de concert.

Ceci posé, venons-en au roman lui-même, « L’enfant étoile », « Star child » en anglais. Un livre publié en 1974 aux Etats-Unis et en 1976 en France, aux éditions Denoël, collection Présence du futur, n°220, celui-là même que j’ai eu en mains et dont je vous fais à présent cette critique.

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce roman, plus que je ne l’espérais. C’est le genre de livre qui n’est pas passé à la postérité mais qui présente tout de même une histoire intéressante à suivre. L’auteur n’était pas un incompétent et savait être un bon écrivain, sachant dérouler un solide scénario bien construit et créer des personnages attachants. Quand j’eus fini le livre, je me suis pris à regretter de devoir quitter les personnages qui s’y agitaient.

Le style est facile et fluide et l’histoire prenante, bien dans le ton des années 70. Il a été écrit après le 1er choc pétrolier de 1973, et ce livre exprime (déjà) une préoccupation écologique avant l’heure. En effet, il est basé sur le postulat suivant : la pollution augmentant toujours, il est forcé que dans un futur plus ou moins proche, la Terre finisse par être ravagée par la pollution et devienne inhabitable. Que faire dans ce cas-là ? Fred M. Steward apporte une solution bien à lui, totalement romanesque, et qui par certains côtés ferait sourire aujourd’hui. Mais l’auteur n’était pas un scientifique, juste un romancier, avec une conscience précoce de l’urgence écologique, qu’il a retranscrit dans « L’enfant étoile », qui est un roman écologique, donc, plutôt bien foutu, nonobstant un certain aspect technologique désuet.

Mais le thème écologique n’est pas le seul. C’est un roman bien dans le monde des années 70, qui exprime les intérêts et craintes propres à cette époque : le cinéma d’horreur (certaines scènes du roman m’ont fait penser à du Bela Lugosi et du Dario Argento !), le pouvoir nuisible des sectes et la manipulation des esprits par les gourous (les massacres causés par la secte de Charles Manson devaient encore marquer les esprits), le sexe et la violence (avec quelques scènes de violence sexuelle), et l’inquiétude écologique, donc.

C’est l’histoire d’une femme qui doit lutter contre les manipulations et les illusions dont elle et son entourage sont victimes et qui finit par ne plus savoir où se trouve le vrai du faux. Elle est visitée par des rêves et des cauchemars où un certain Raymond se dit être un dieu descendu sur Terre et par l’Enfant Etoile qui dit vouloir la protéger de ce dieu et apporter à l’humanité une source d’énergie propre et illimitée. Mais qui sont-ils ? Que veulent-ils vraiment ? Sont-ils réels ou non ? Elle va s’apercevoir qu’elle n’est pas seule à être visitée par ces rêves bizarres et dérangeants. Son mari aussi. Et d’autres aussi… Cela va avoir certaines conséquences dans la petite ville où elle réside.

En définitive un bon roman pour adultes qui fait réfléchir par bien des côtés (et qui fait peur aussi !). Ne pas s’arrêter à l’horrible couverture du livre, et si vous en trouvez un exemplaire encore en bon état (le mien avait des pages qui se détachaient !), plongez dedans sans craintes dans cette inquiétante histoire, vous passerez un bon moment, je vous le garantis !