Psychologie de l’éducation: L’éducation est l’art de faire passer le conscient dans l’inconscient
de Gustave Le Bon

critiqué par Maranatha, le 9 février 2019
( - 47 ans)


La note:  étoiles
Le Bon a tout bon.
GLB est un auteur du début du 20 ème siècle.
Il a écrit un livre très célèbre qui fait encore foi de nos jours par sa pertinence, il s'agit de Psychologie des Foules.
Il a écrit Psychologie du socialisme et beaucoup d'autres livres notamment celui qui fait l'objet de cet avis.
GLB n'est pas le genre d'auteur à ménager les susceptibilités, quand il pense quelque chose il le dit que cela fasse plaisir ou pas.
Dans cet ouvrage il passe au crible différents aspects de l'Education en n'éludant aucune dimension de cette discipline.
Il parle des forces mystiques, les forces biologiques, les puissances matérielles et morales, les forces collectives, les forces intellectuelles, les interprétations de l'histoire, les détails des méthodes, des sciences, l'enseignement universitaire, fondamental, professionnel, le grec, le latin, l'armé, bref il balaie un large spectre.
Sa thèse principale est qu'il faut faire passer le conscient dans l'inconscient et que ce ne sont pas forcément les enseignements qu'il faut changer mais les méthodes.
Il évoque la force d'inertie du corps enseignant et institutionnel.
Il fait la comparaison avec les autres pays mais surtout l'Allemagne, le Royaume-uni et les Etats-Unis d'Amérique.
Ce qui est sidérant c'est de constater c'est que malgré qu'il fut écrit il y a 100 ans, ce livre nous démontre que rien n'a changé.
A l'époque les professeurs se plaignaient déjà des mauvais résultats scolaires, tergiversaient sur le maintien ou non de certaines matières et programmes.
Des extraits de l'enquête parlementaire de l'époque sur l'éducation étayent les propos à charge de GLB.
GLB est adepte de Montaigne et de sa fameuse phrase, vaut mieux une tête bien faite que bien pleine.
On ne saurait le contredire. Déjà à l'époque GLB relevait que l'on ne faisait que remplir les têtes de nombreuses données inutiles qui une fois l'examen ou le concours passés étaient oubliées par l'élève.
Force est de constater que rien n'a changé.
Il s'interroge également sur l'utilité du baccalauréat, pensez !
Sur l'intérêt d'avoir des professeurs surdiplômés qui n'avaient jamais appris à apprendre. On voit que rien n'a changé.
Déjà il évoquait l'utilité des filières professionnelles.
Bref, un livre très intéressant qui démontre encore une fois qu'en dépit de moult ministres et réformes rien n'a vraiment beaucoup changé.
Je le répète c'est sidérant de lire un livre écrit il y a cent ans et d'y trouver nos problèmes actuels.
Il y a encore du pain sur la planche !
Pour info ce live est gratuit en format numérique.