100 courts chefs-d'œuvre
de Jean-Pierre Montal, Jean-Christophe Napias

critiqué par Septularisen, le 29 janvier 2019
(Luxembourg - 51 ans)


La note:  étoiles
Les romans brefs font le tri entre les hommes et les petits garçons.
Un livre doit-il dépasser les 500 pages pour prétendre au statut de chef-d’œuvre ? Oui ? Non ?

C’est pour infirmer cette "légende urbaine" que M. Jean-Pierre MONTAL et M. Jean-Christophe NAPIAS nous ont concocté ce livre, sorte de guide de lecture, d’anthologie, présentant cent ouvrages ayant la particularité d'être… Très courts!

Les auteurs se sont en effet imposé quelques contraintes avant la sélection : Les livres retenus doivent impérativement faire moins de 150 pages, être des fictions, être disponible en volume individuel et au format poche... Et surtout pouvoir être considéré comme un chef-d’œuvre! Un “grand”, un “petit”, mais un chef-d’œuvre!

Chaque oeuvre est présentée sur deux pages. On y trouvera un résumé succinct de l’œuvre, mais aussi l’année de parution, la maison d’édition et la collection qui le publie, le nombre de pages, le meilleur moment pour le lire (parfois très loufoque!...) et un livre conseillé, à lire directement après celui que l’on vient juste de lire (encore une fois très loufoque je dois dire!...). C’est très bien écrit, dans un style clair et concis, non sans beaucoup d’humour d’ailleurs! On peut toujours se poser quelques questions sur les livres sélectionnés (mais où est donc passé «Le vieil homme et la mer» d’Ernest HEMINGWAY?), mais bon, comme toute sélection, celle-ci est, bien sûr, faillible…

Il m’est bien sûr impossible de tous les citer dans cette courte critique, signalons quand même parmi les "classiques" incontournables : «Reflets dans un œil d’or» de Carson McCULLERS (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/835), «Bartleby le scribe» d’Herman MELVILLE (ici sur CL : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/12410) ou encore «La mort à Venise» de Thomas MANN (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/5648)...

Parmi les livres à redécouvrir citons p. ex.: «La robe» de Robert ALEXIS (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/18025), «La panne» de Friederich DÜRRENMATT (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/15467) ou encore «Détruire, dit-elle» de Marguerite DURAS (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/9797)...

Parmi les bonnes surprises, que je suis heureux de retrouver: «Soie» d’Alessandro BARRICO (ici sur CL http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/49), «La Perle» de John STEINBECK (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/8569), «Sonietchka» de Ludmila OULITSKAÏA (ici sur CL: https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/3304), ou encore «Le belles endormies » de Yasunari KAWABATA (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/1002)...

Signalons aussi beaucoup, mais alors beaucoup d’auteurs russes, pour lesquels faire «court et bien» semble être la devise, citons, entre autres: d'Anton TCHEKHOV «La Steppe » (ici sur CL: http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/3629), de Fédor DOSTOIEVSKI «Le Rêve d’un homme ridicule» (ici sur CL: https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/474), d'Ivan TOURGUENIEV «Premier amour» (ici sur CL: https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/4293), de Mikhaïl BOULGAKOV «Cœur de chien» (Ici sur CL: https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/8081) ou encore de Léon TOLSTOÏ «La mort d’Ivan Ilitch» (ici sur CL: https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/4239) …

Voilà, en conclusion, un livre sur les livres à lire comme le disent les auteurs: «en une heure, une soirée, une journée, le temps d’un voyage en train»…