Les prédateurs au pouvoir : Main basse sur notre avenir
de Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot

critiqué par Cyclo, le 25 janvier 2019
(Bordeaux - 78 ans)


La note:  étoiles
la ploutocratie mondialisée sur le grill
La "crise" des gilets jaunes nous rappelle à l'oreille que, au delà du clivage droite-gauche, il existe une nouvelle religion, cachée sous le masque de la soi-disant incontournable "économie de marché" ("There is no alternative", clamait déjà la Thatcher), qui n'est autre que le culte très ancien du Veau d'or.
On sait que les 8 milliardaires les plus riches possèdent autant d'argent que la moitié (pas loin de quatre milliards, tout de même) la plus pauvre de l'humanité. Car le néolibéralisme mondialisé creuse de façon certaine "l'abîme entre pauvres et fortunés". Et la théorie du "ruissellement" ne tient pas devant ce fait.
Dans cette course folle à la spéculation de l'oligarchie mondiale, il n'y a pas de climat qui tienne (toutes les COP du monde ne feront rien contre le réchauffement annoncé), il n'y a pas de ressources naturelles qui ne soit à piller (sol et sous-sol appartiennent de droit aux multinationales), il n'y a pas de services (style santé, éducation, services à la personne, transports publics) qui ne soient susceptibles d'être transformés en nouvelles sources de richesses pour les actionnaires, avides amateurs de dividendes.
Le livre des Pinçon, paru en 2017, peu après l'élection de Trump et avant celle de Macron, met en pleine lumière des faits, des chiffres, des pratiques qui dévoilent le cynisme de nos gouvernants, les trafics juteux, la corruption généralisée au plus haut niveau. Le chapitre sur les pauvres Américains qui vendent leur sang est symptomatique de cette marchandisation des rapports humains
Oui, l'argent est bel et bien "une arme de destruction massive" !
Encore un de ces livres indispensables à notre conscience. Mais qui lit encore aujourd'hui ?