La belle de Joza
de Květa Legátová

critiqué par Myrco, le 22 janvier 2019
(village de l'Orne - 69 ans)


La note:  étoiles
Magnifique
Pendant la seconde guerre mondiale en Tchécoslovaquie occupée, une jeune femme, Eliska, médecin dans un hôpital sert d'agent de liaison pour la résistance. Sous la menace d'une arrestation par la Gestapo, elle se voit contrainte de disparaître dans l'urgence. Profitant du retour d'un de ses patients dans ses montagnes moldaves, on l'expédie avec lui sous une fausse identité. Tout est organisé, elle devra l'épouser et devenir Madame Joseph (Joza) Benda. L'homme est d'apparence fruste, horriblement défiguré par un accident, et la situation imposée plonge la jeune femme dans un abîme de colère et de désespoir, d'autant qu'elle découvre à l'arrivée un monde totalement étranger, arriéré dans son mode de vie , ses mentalités... mais qui va bientôt lui ouvrir d'autres perspectives.

Ce récit à la première personne (il s'agit en fait d'une longue nouvelle d'environ 150 pages) est celui d'une immersion et d'une métamorphose en même temps qu'une ode à une vie simple, un hymne à l'amour vrai, profond, débarrassé de tous les artifices, une ouverture vertigineuse et inattendue pour la narratrice sur la beauté, celle de la nature et de certains sentiments, d'autant plus sensible ici que le contexte illustre bien des aspects sombres et mesquins de la nature humaine.
Si la relation Joza/Eliska rappelle inévitablement "La belle et la Bête", si l'histoire offre quelques clins d'œil à l'univers des contes entre Zéna, la "fée" créative, et Lucka, la vieille "sorcière" aux talents de guérisseuse, deux femmes au caractère bien trempé qui accompagneront Eliska dans sa nouvelle vie, le récit n'en demeure pas moins réaliste, ne succombant à aucune mièvrerie et n'éludant pas au final les atrocités d'une guerre dont nos "héros" auront un temps été protégés. C'est au contraire un récit fort, servi par une fine analyse psychologique et une belle écriture parfois elliptique que nous livre Kveta Legatova, un récit trop court à mon gré dont j'aurais aimé prolonger la lecture avant que la fin ne vienne en rompre la magie.

Citation:
" Les chercheurs de trésors commettent une funeste erreur en regardant au loin."

N.B: L'auteure aujourd'hui décédée n'aura connu la notoriété et le succès qu'à l'âge de 82 ans avec la parution de son ouvrage "Ceux de Zélary" en 2001.
La fuite ne produit qu’un retour au point mort 10 étoiles

D’entrée de jeu on est plongé dans la guerre, ou plus exactement dans la résistance et très vite la belle se retrouve isolée dans un bled perdu, avec un mari sur les bras…
Ce beau roman, racontée par l’héroïne elle-même donne à cette histoire un aspect réaliste, et touchant sur la beauté de l’âme pendant la guerre.

Pierrot - Villeurbanne - 67 ans - 16 mars 2019