Les conspirateurs du silence
de Marylin Maeso

critiqué par Colen8, le 21 janvier 2019
( - 77 ans)


La note:  étoiles
Dialogue muselé
La tenue régulière d’un compte Twitter par la philosophe Marilyn Maeso et l’analyse circonstanciée de ses échanges en dit long sur ce réseau social dont les fils charrient à la fois le meilleur, par exemple le pouvoir de rassembler des multitudes autour d’une cause commune, comme le pire. Le pire se révèle derrière un essentialisme de combat en opposition avec l’humanisme occidental à vocation universaliste. Le racisme socio-politique ou culturel qui s’est substitué à son acception biologique antérieure crée du « nous d’abord » contre tous les autres. Abrité par l’anonymat du pseudo qui autorise toutes les lâchetés, souvent entretenu par des abonnés masqués du darknet il donne corps à cette conspiration du silence. En effet, il rend à peu près impossible de débattre argument contre argument sans déclencher aussitôt une violence haineuse auto-entretenue assortie d’insultes et de menaces à l’encontre de ceux d’en face sous couvert de faire revivre une démocratie dévoyée. Pour dépasser ces procès d’intention, cette barrière sémantique des mêmes mots pris dans des sens différents pour leur faire dire le contraire de leur sens originel, cet étouffement systématique des opinions et des pensées libres qu’elle dénonce, l’auteure qui se reconnait ouvertement dans l’œuvre de Camus n’hésite pas à exprimer dans un long chapitre des incohérences qu’elle perçoit dans la publication controversée de Houria Bouteldja(1) « Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire ».
(1) Porte-parole du mouvement des Indigènes de la République.