Islande - Le sublime et l'imaginaire
de Guillaume Cannat, Patrick Desgraupes, Einar Már Jónsson

critiqué par Tistou, le 11 janvier 2019
( - 62 ans)


La note:  étoiles
Le sublime et l’imaginaire
« Le sublime et l’imaginaire », c’est le sous-titre officiel de « Islande », qui se révèle, avant toute chose une ode aux (magnifiques) photos de Patrick Desgraupes. Il y a néanmoins deux parties Textes :
- « Les Hommes et la Nature », d’Einar Mar Jonsson
- « Terres d’Islande », de Guillaume Cannat

Dans « Les Hommes et la Nature », Einar Mar Jonsson revient sur la naissance à l’humanité de l’Islande. Qu’on a pu dater à 874 (assez précis, non ?!), un navigateur norvégien, Ingolfur Anarson, qui colonise le premier cette terre de volcans et de glace. Dans cette partie est largement évoquée, de manière très documentée manifestement, l’historique du peuplement de l’île, les différents avatars (comprendre les éruptions volcaniques) et la manière dont le biotope et sa nature particulière a pu modeler l’âme et les conditions de vie des Islandais. Au passage on apprendra que l’île était, au moment de sa découverte, largement couverte de forêts de bouleaux. Il n’y a quasiment plus d’arbres maintenant. Cela s’expliquerait par, bien sûr, une déforestation trop intense et le fait que les colons ont amené de grands herbivores avec eux (ovins et bovins), qui n’existaient pas sur l’île et qui ont empêché les jeunes pousses de grandir dans ce biotope somme toute plutôt hostile.
Einar Mar Jonsson développe très intelligemment cette histoire des hommes et de cette terre, impactée largement par les éruptions successives …
Dans « Terres d’Islande », Guillaume Cannat passe plutôt en revue les différents lieux et sites de cette île ; villes, glaciers, volcans, sources géothermiques, en développant ses commentaires de manière scientifique et précise. Il y est peu question d’hommes finalement. L’eau, sous toutes ses formes ; glace, eau et vapeur, est omniprésente, ainsi que le feu des volcans et l’activité particulière des geysers et autres sources d’eaux chaudes, les solfatares.
Entre ces deux parties le « Portfolio » qui est l’exposition des photos de Patrick Desgraupes. Il explique sa technique, particulière et donne à voir un univers déshumanisé (pas un seul être humain sur ces photos), désanimalisé (pas un seul animal), et sans arbres (je crois bien qu’il n’y a pas un seul arbre dans « Portfolio » !).
L’impression finale est glaçante et fait presque peur. Quelle terre rude !