Ça s'est passé comme ça
de Hillary Rodham Clinton

critiqué par Blue Cat, le 6 janvier 2019
( - 55 ans)


La note:  étoiles
Amère défaite
Dans ce livre volumineux, Hillary Rodham Clinton revient sur l'élection présidentielle américaine de 2016 et son échec personnel retentissant et inattendu.

Cette femme intelligente, très expérimentée, compétente, hyper travailleuse, au fait des dossiers de politique intérieure et extérieure, n'en revient toujours pas d'avoir perdu les élections, que la plupart des experts lui prédisaient gagnées d'avance. Et nous non plus, on n'en revient pas...

Elle s'explique sur l'affaire des 'e-mails' envoyés sur sa messagerie personnelle. Certes, aucun de ces mails n'était classé 'secret', mais il y a bien eu négligence de sa part, erreur qu'elle a du mal à reconnaître.

Il est aussi longuement question de l'ingérence des services secrets russes dans cette élection, et là, pour le coup, il semble bien qu'il se soit passé des choses inacceptables que les services secrets américains ont mis beaucoup trop de temps à identifier. Certains commentateurs informés ont même déclaré que cette affaire d'ingérence étrangère est bien pire que l'affaire du Watergate. Poutine voue à H. Clinton une haine tenace depuis longtemps, car elle n'a jamais caché la méfiance que le personnage lui inspire. Poutine a trouvé en Trump un allié à sa botte, ridiculement imbu de lui-même et sans connaissance aucune des dossiers. L'autocrate Russe sans scrupule a pu manipuler, en le flattant au delà de toute mesure, notre Trump, naïf et ignorant. Entre mâles dominants, on se comprend, n'est-ce pas...

Mais au delà de la synthèse que l'auteure fait de sa carrière et de sa volonté de proposer, lors de cette élection 2016, un programme très travaillé et solide, c'est davantage sa personnalité qui m'a intéressée. Si je la suis tout à fait dans sa dénonciation de la misogynie crasse qui règne en politique et ailleurs, et des inégalités intolérables qui perdurent, je reste dubitative sur son incapacité à se remettre réellement en cause. En fait, en la lisant, la conclusion est que cette femme exceptionnelle n'a que des qualités et aucun tort.

C'était sans compter sur le ras le bol américain du 'clan Clinton', des mensonges de l'ex-président Bill qui restent dans les mémoires, de la candidature d'Hillary contre Obama dans une précédente élection à la primaire démocrate etc.., Et puis, et puis... cette femme constamment dans l'hyper-contrôle, très sûr d'elle et autoritaire, apparaît tout simplement antipathique à beaucoup d'Américains. Son sourire forcé constant, qu'elle justifie dans le livre, peut lasser, comme si elle était en représentation permanente et jamais dans la spontanéité. Et c'est bien le cas.

Alors, aurait-elle été un meilleur président que Trump ? OUI, mille fois oui, on la suit là-dessus sans hésitation. Mais en démocratie, il y a d'autres critères que la compétence qui jouent, et cela, elle n'a pas voulu le voir. Elle n'avait pas le charisme d'un Obama. Ni la force virile brutale d'un ignare vulgaire comme Trump, auxquels les 'petits blancs' frustrés se sont identifiés en masse, en plus des lobbys de milliardaires.

Dommage pour Hillary Clinton et pour l'Amérique, mais je crois bien que, cette fois, son tour est passé définitivement.