RoboCop : Mort ou vif, l'intégrale
de Frank Miller, Ed Brisson (Scénario), Steven Grant (Scénario), Korkut Öztekin (Dessin)

critiqué par Antihuman, le 4 janvier 2019
(Paris - 36 ans)


La note:  étoiles
PARABOLE SUR L'HOMME ARTIFICIEL
A l'heure où chacun de nous dispatche une grande part d'infos personnelles d'abord sur la carte-mémoire du téléphone – pouvant facilement être violée par des hackers se dissimulant sous un aspect faussement bienveillant – et ensuite ailleurs, d'heure en heure nous nous rapprochons des prothèses artificiellles à teneur essentielle mais aussi principales, puisque beaucoup de nos organes sont, pour beaucoup, de plus en plus remplacables voire envisageables...

Notre identité est questionnée maintes et maintes fois et nous devons frapper 3 fois à la porte en bois pour rentrer chez nous ainsi qu' affronter au quotidien des tas de gros garçons et de grosses filles thuriféraires qui ne connaissent rien à la vie réelle et qu'on laisse pourtant pratiquer une espèce de moraline asexuée à tout propos. L'eunuque d'antan a été renouvelé et ils sont nombreux ces serviteurs du bien qui prétendent respecter les lois morales si ostracistes quant à eux !

Mais lesquelles, à l'heure où tant des gens confondent vraie vie avec la virtualité du possible pendant que la plupart de nos proches sont tellement étrangers ? À l'heure actuelle où l'histoire tragique d'un cyborg policier qui a gardé une part humaine demeure presque crédible sinon concevable ?

ROBOCOP MORT OU VIF observe donc un clin d'oeil prophétique à ce communautarisme larvé de tant de ces personnes ne vivent qu'entre eux au quotidien et qui, dans la vie, commencent par vous censurer comme première amabilité. Une manière avant tout bizarre pour une personne saine d'esprit de parler et d'anticiper le réel voire de raisonner (mais en tout cas guère critiquée par le populo moyen qui pardonne à ses médias bourreaux si facilement.)

Tant de ces individus étant, définitivement, de toute façon, bien plus importants que vous bien qu'archi-dépendants à leur ordinateur, sinon à leur morale propre et au final bien davantage qu'un cyborg imaginaire.

Frank Miller a tout à fait réussi son coup et cette histoire née sous la forme d'un scénario possède, croyez-moi, certainement moins d'aseptisation que ce bon sens prés de chez vous.

Je suis sûr que nombre d'entre vous brûlent de se rendre aussitôt à la Clinique d'Ajustement Comportemental.