Frère d'âme de David Diop

Frère d'âme de David Diop

Catégorie(s) : Littérature => Romans historiques , Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 20 février 2019 (Inscrite le 8 septembre 2006, 52 ans)
La note : 5 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (41 259ème position).
Visites : 644 

La folie de la guerre

Alfa Ndiaye est parti faire la guerre en France avec son ami, son « plus que frère » Mademba Diop, mais ce dernier est mort. A partir de ce moment, Alfa s’autorise à penser et à agir selon sa volonté propre. Et depuis lors, Alfa n’a de cesse de venger Mademba en éventrant ses ennemis et en leur coupant une main. Au début, cela réjouit les soldats, mais à la longue, il fait peur. Finalement, son chef l’envoie en permission et le faire suivre par un médecin. Comme il ne parle pas français, il dessine : sa mère disparue alors qu’elle était partie à la recherche de son père et de ses frères nomades ; son ami ; les mains. Et ce repos forcé l’amène à se souvenir de son amoureuse et de son passé au Sénégal.
Le style de ce roman m’a dérangée : c’est une litanie, une inlassable rengaine où l’auteur répète sans cesse les mêmes mots dans la bouche du personnage principal.

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Les éditions

  • Frère d'âme - Prix Goncourt des lycéens 2018
    de Diop, David
    Seuil
    ISBN : 9782021398243 ; EUR 17,00 ; 16/08/2018 ; 176 p. ; Broché
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Pour la patrie jusqu'à la folie

8 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 57 ans) - 7 août 2019

"Frères d'âme" de David Diop (176p)
Ed.Le Seuil.
Prix Goncourt des lycées 2018

Bonjour les fous de lectures….
Voici l'histoire d'Alfa Ndiaye, tirailleur sénégalais durant la première guerre mondiale.
Lors d'une sortie face à l'ennemi, le meilleur ami d'Alfa, Mademba, est mortellement touché. Les boyaux à l'air il se meurt à des kilomètres de sa terre natale et supplie Alfa d'abréger ses souffrances.
Celui-ci n'en a pas la force et assiste à l'agonie de son "plus que frère".
A la suite de cela, Alfa va se transformer en une bête tueuse obéissant à une voix intérieure et accomplissant, à chaque sortie au feu, un rite barbare.
A ses propres réflexions, se mêlent les souvenirs du Sénégal et de sa jeunesse.
Alfa sombre petit à petit dans la folie.
Ce livre nous rappelle non seulement la boucherie de cette première guerre mondiale où tant d'hommes, dont les tirailleurs sénégalais, furent sacrifiés "au nom de la Patrie".
Il parle aussi de ses conséquences sur le psychisme de ces soldats qui partaient au feu dans des états proches de la folie meurtrière et qui en reviendront chamboulés à jamais.
Ce court récit sur cette violence est une piqûre de rappel assez intéressante à découvrir.
Au fur et à mesure de l'entrée en folie du narrateur, les répétitions s'enchainent comme un mantra.
Je n'ai pas compté combien de fois revenait le terme " Par la volonté de Dieu" qui décrivent assez bien le délire où plonge le jeune soldat.
C'est lancinant, cela monte crescendo.
Ce tempo répétitif traduit exactement l'état d'esprit du jeune homme.
Belle découverte pour moi qui ai lu ce court récit presque en apnée.
Rarement déçue des choix des lycéens pour leur Goncourt.

L'homme noir dans une guerre de blancs

6 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 18 juillet 2019

On savait la première guerre mondiale être une tuerie absurde, mais quand on se place sous la vision d’un tirailleur sénégalais qui est complètement déraciné et qui ne perçoit pas l’ombre d’un des enjeux de ce conflit qui n’est définitivement pas le sien, c’est encore plus accentué.

Alfa pleure la mort de Mademba, lui qui était plus que son frère, mortellement blessé, et qui le supplie de le laisser partir.

Alfa, parfaitement conscient des vœux de ses supérieurs mais incapable de s’exprimer en français, semble perdre la raison et s’adonne à un rituel sacrificiel en coupant la main de ses ennemis. Considérant à la longue ces pratiques comme une menace, il est envoyé sur l’arrière afin de se faire examiner par un médecin. Là il se remémore sa vie au Sénégal, sa mère, son père et la femme qu’il aime, jusqu’à ce qu’un drame survienne par faute de voir où sont les balises.

David Diop, dans un style poétique et ( faussement) naïf qu’on retrouve chez beaucoup d’auteurs francophones d’origine africaine dépeint un destin que tellement d’autres hommes du continent noir auraient pu vivre, loin de leurs antilopes.

Maintenant, est-ce l'abus de la répétition, l’appel maladroit à certaines formes d’imaginaire imprécis, des flash-back sur des courts termes, l’excès d’hyperboles, ou tout simplement la volonté de trop bien faire qui font que ce roman ne séduira pas tout le monde.

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