Un silence religieux. La gauche face au djihadisme
de Jean Birnbaum

critiqué par Colen8, le 31 décembre 2018
( - 77 ans)


La note:  étoiles
« … après Marx, Allah »(1)
Islam, islamisme, djihad, terrorisme, attentats meurtriers : prétendre que « ça n’a rien à voir » avec la religion musulmane est plus qu’un leurre. Cette affirmation répétée par la gauche française depuis des lustres n’aide pas les penseurs arabo-musulmans en butte aux menaces de leurs coreligionnaires intégristes quand ils se soucient avant tout d’ouvrir la lecture du Coran à la modernité sans rien perdre de sa dimension spirituelle, tout comme ont su le faire en partie les autres monothéismes depuis les Lumières.
Le mouvement FLN algérien lors de la guerre d’indépendance puis aux affaires après 1962 a joué double jeu en particulier à l’insu de ses soutiens anticolonialistes français proches du marxisme : sur la scène internationale il affichait l’image d’un républicanisme socialiste laïc bon teint, tandis que la population était dûment rappelée à tous les composants de ses devoirs rituels envers la religion et que le pays se couvrait de mosquées.
La gauche qu’elle soit révolutionnaire ou réformiste et pas seulement en France s’est bernée d’illusions en croyant à tort attirer dans ses rangs des populations en marge, infiniment frustrées d’avoir vécu sous la botte coloniale bourgeoise et capitaliste. Aveuglée par l’idéologie marxiste elle n’a jamais cru à la vocation universelle doublée d’une puissance irrésistible de cet élan spirituel affiché par les islamistes désirant le martyre plus que toute autre chose.
Les analyses de Michel Foucault parti en Iran fin 1978 comme journaliste et observateur des soulèvements en cours qui ont été publiées à la veille de la prise de pouvoir des mollahs lui auront valu surtout des moqueries. Le présent essai devrait aider à une prise de conscience plus responsable.
(1) Régis Debray, « Un candide à sa fenêtre », Gallimard 22015