J'ai couru vers le Nil
de Alaa El Aswany

critiqué par Pascale Ew., le 27 décembre 2018
( - 51 ans)


La note:  étoiles
Intéressant, mais dur
2011. Egypte. Des jeunes se révoltent contre la corruption, l’autorité arbitraire, l’injustice, l’hypocrisie… Ils rencontrent l’opposition du pouvoir et l’incompréhension de leurs parents, mais bravent les interdits et le danger avec un grand courage. Ensuite, leur révolution semble tourner en leur faveur avec la démission de Moubarak, mais ce n’est qu’un leurre : le même régime reste en place et les médias se déchaînent contre les jeunes révolutionnaires, à coup de désinformation. On accuse ceux-ci d’être payés par des forces étrangères, d’être formés par les juifs et les francs-maçons ; on les taxent de comploteurs. Et les forces armées n’hésitent pas à mettre le feu aux églises pour désolidariser les chrétiens et les musulmans et démontrer que le régime est le garant de l’ordre et de la stabilité. Enfin, viennent les massacres de manifestants. Peu importe qu’il s’agisse principalement d’enfants, de vieux et de femmes. Ceux qui tentent de faire intervenir la justice se heurtent à la haine, l’ignominie et un barrage unanime. A la fin, les jeunes et ceux qui les aident sont broyés, par la torture, le viol, l’emprisonnement, la zizanie dans les familles, l’opposition de l’opinion publique. Tout est bon pour les faire plier… et ils plient car il ne leur reste plus aucun choix.
Ce roman est déprimant car il ne laisse aucun espoir, mais c’est la réalité. Et c’est ce qui est le plus déprimant ! A travers l’histoire de personnages, l’auteur nous raconte l’histoire de l’Egypte et nous fait sentir l’hypocrisie régnante. Les interminables salamalecs à la sauce islamique donnent la nausée car ceux qui les profèrent n’adorent que le pouvoir. J’ai parfois eu du mal à m’y retrouver parmi tous les noms des personnages.