Nuit noire sur Brest
de Bertrand Galic (Scénario), Kris (Scénario), Damien Cuvillier (Dessin)

critiqué par Fanou03, le 8 février 2019
(* - 43 ans)


La note:  étoiles
Complots pour un sous-marin
L’intérêt de l’album est tout d’abord de nous faire découvrir un épisode étonnant de l’histoire locale de Brest, un de ces moments où la « petite » histoire rejoint la grande. À ce titre les ingrédients sont plutôt relevés : un sous-marin de l’armée républicaine espagnole qui vient se réfugier en 1937 dans le port de Brest, des factions rivales (anarcho-communistes contre franquistes alliés à l’extrême-droite française) qui s’affrontent autour de ce sous-marin, un mystérieux agent connu seulement sous le nom de « X-10 », le commandant du sous-marin qui s’éprend d’une entraîneuse de cabaret, vénéneuse et manipulatrice... le tout évidemment sur fond de guerre civile espagnol et des tensions diplomatique qui vont avec !

Quoiqu’un un peu figé à mon goût parfois, le dessin de Damien Cuvillier, très bien documenté, est impeccable, précis, et réaliste. À noter d’ailleurs le plan assez inattendu, qui prouve s'il le fallait, la maîtrise de l’auteur, de la salle de danse du dancing l’Ermitage vu par-dessus : franchement, chapeau ! L’ambiance quant à elle est bien rendue par des couleurs plutôt sombres qui évoquent les complots, les réunions secrètes, les plans des uns et des autres, et de belles planches montrant le Brest de l’entre-deux guerres.

Pourtant, pour ma part en tout cas, et même si j’ai trouvé le sujet original, je n’ai pas réussi tout à fait à rentrer complètement dans le récit. Est-ce dû au fait que je n’ai pas réussi à ressentir ni beaucoup d’émotion ni d’empathie pour les personnages, ou que finalement il manque un peu de rythme à cette histoire ? Ou bien tout simplement que la réalité dépassant la fiction, c’était un challenge que de rendre la complexité du dossier ? À ce titre le (très) riche bonus documentaire à la fin de l’album, qui retrace l’intégralité de l’affaire avec des images d’archive, m’a paru paradoxalement bien plus exaltant que son adaptation illustrée, et vaut presque à lui seul le détour.