Bernice se coiffe à la garçonne/Le pirate de la côte
de Francis Scott Fitzgerald

critiqué par ARL, le 10 décembre 2018
(Montréal - 33 ans)


La note:  étoiles
Garçonnes et philosophes
Ce commentaire porte en fait sur l'entièreté du recueil "Garçonnes et philosophes", uniquement disponible à ce jour dans le premier volume de l'édition de la Pléiade des œuvres de Fitzgerald. "Bernice se coiffe à la garçonne" et "Le pirate de la côte" en font partie, ainsi que six autres nouvelles.

Les huit nouvelles de "Garçonnes et philosophes" parurent presque toutes individuellement dans le magazine Saturday Evening Post en 1920, l'année de la publication de ce premier recueil de F. Scott Fitzgerald, ainsi que de son premier roman "L'Envers du paradis". Il n'avait que 24 ans. Fitzgerald a toujours traité ses nouvelles avec mépris, comme des productions alimentaires destinées à une consommation rapide pour un vaste public, au contraire de ses romans qu'il considérait comme sa "véritable" production. La majorité des lecteurs de Fitzgerald s'entendent pour dire que ce dégoût est la plupart du temps injustifié.

Il est vrai que certains des textes de "Garçonnes et philosophes" trahissent leur origine commerciale et donnent raison à l'auteur; "Le pirate de la côte", par exemple, est d'une platitude et d'une prévisibilité totales. "Dalyrimple tourne mal" n'est pas beaucoup mieux et "Quatre coups de poing" est alourdi par une morale un peu facile qui plaisait au lectorat du Post. En contrepartie, "Bernice se coiffe à la garçonne" et "Le Palais de glace" font partie des incontournables de Fitzgerald et figurent à juste titre dans presque toutes les collections de ses meilleurs nouvelles. Les autres textes sont sympathiques, agréables à lire, bénéficient d'une prose cynique, habile et comique et capturent bien l'ambiance des "Roaring Twenties". Un petit recueil sinon génial, du moins divertissant.