Mal'aria de Eraldo Baldini

Mal'aria de Eraldo Baldini
(Mal'aria)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Septularisen, le 24 novembre 2018 (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 51 ans)
La note : 7 étoiles
Visites : 734 

QUAND VÉRITÉ ET SUPERSTITION SE MÊLENT.

Au début du livre nous sommes à Rome en octobre 1925. Le Duce et les fascistes sont au pouvoir depuis trois ans. Nous faisons la connaissance du Dr. Carlo Rambelli. Inspecteur de la Santé Publique, il est brusquement arraché, - un samedi qui plus est -, à sa tranquille vie familiale et à Anna, sa femme, par une convocation de son supérieur hiérarchique, Magni, à se rendre d’urgence la Direction générale de la Santé publique.

Celui-ci vient de recevoir les chiffres du taux de mortalité infantile qui est en recul partout, sauf dans le village de Spirano, dans le delta du Pô, près de Ravenne, où au contraire celui-ci accuse une augmentation inquiétante. Ce taux élevé de mortalité paraît lié aux fièvres paludiques mais, bizarrement, aucun de ces décès n’est survenu à l’hôpital.
La direction de la Santé a donc décidé de dépêcher d'urgence le Dr. Carlo Rambelli sur place, chargé d'éclaircir le mystère qui entoure les décès suspects. En effet, le recul du paludisme en Italie du Nord est l'une des grandes fiertés du régime de Mussolini et rien ne doit venir gâcher cette réussite!

Arrivé sur place, à seulement 400 km de Rome, Rambelli, pourtant originaire de cette région, dont il parle et comprend encore le dialecte, découvre un tout autre monde, complètement différent de la capitale de l’Italie. Il se heurte très vite à un véritable mur du silence et rien ni personne ne veut lui parler des tragiques évènements qui se sont déroulés dans le village.

Pire, l’hostilité des chemises noires locales, des grands propriétaires terriens, des commerçants, des habitants les plus âgés est manifeste. Personne ne veut l’aider à enquêter sur les morts suspectes des jeunes enfants. Seule la jeune et très belle Elsa lui propose son aide…

Eraldo BALDINI (*1952) nous propose avec «Mal’Aria » (1998), un livre bizarre, à la frontière entre le roman, le policier noir, la description de mœurs, le livre de médecine, le livre fantastique, le livre d’amour, le livre ésotérique, le livre avec une atmosphère.
Ce n’est pas un chef d'œuvre, - même si par certains points il m’a fait penser au magnifique «Le Christ s’est arrêté à Eboli » de Carlo LEVI, qui se déroule d’ailleurs à la même période (ici sur CL http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/18235) -, mais clairement un très bon roman.
Une écriture facile à lire et très agréable, limpide, facile. Les pages s’enchaînent et se tournent sans vraiment que l’on s’en aperçoive. Il faut toutefois en rester à une lecture attentive, puisque plusieurs récits s’entrecroisent en même temps.

L’aspect le plus intéressant du livre est la description de la vie et des mœurs de l’époque, notamment les superstitions. Ce n’est pas sans rappeler les livres de l’écrivain de Sardaigne Grazia DELEDDA, (ici sur CL : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vauteur/37255) et sur la même période et quasiment le même thème, celui d’Antonio PENNACCHI, «Canal Mussolini», (ici sur CL : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/38347).

Si j’ai un seul reproche à faire à ce livre c’est la fin trop précipitée, un peu bâclée. Le suspense de l’intrigue, les différents rebondissements et le twist final auraient bien mérité une cinquantaine, voire une centaine de pages de plus!

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