Rosa Bonheur: Une femme au service de l'art de Albertine Gentou

Rosa Bonheur: Une femme au service de l'art de Albertine Gentou

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Arts (peinture, sculpture, etc...)

Critiqué par Agnesfl, le 7 novembre 2018 (Paris, Inscrite le 14 janvier 2015, 54 ans)
La note : 9 étoiles
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A la mémoire d'une belle personne

Rosa Bonheur (1822-1899), peintre animalière admirée dans le monde entier, mais également très critiquée en France se confie sur sa vie avec grâce, fluidité et authenticité. Enfin c'est l'impression que l'on a. En réalité, ce n'est pas elle qui parle mais Albertine Gentou romancière, conteuse, biographe. Elle a imaginé cette autobiographie à la première personne d'après le récit d' Anna Klumpe l'amie de Rosa Bonheur. Et l'on joue le jeu à fond. Cela donne un texte charmant, très agréable à lire laissant apparaître un bon aperçu de la personnalité de cette artiste amoureuse des animaux et ne pouvant se passer d'eux. On discerne clairement son penchant pour la liberté à tout prix et son souhait de vivre comme bon lui semblait. Pionnière du féminisme, première femme à recevoir la croix de la Légion d'honneur, elle était très appréciée par l'impératrice Eugénie, et par le président de la République Sadi Carnot. Possédant un permis de travestissement pour porter des pantalons, rien ne l'épanouissait plus que de peindre et dessiner. Elle explique : " Lorsque je dessine et peins, je me sens transpercée par une cascade de lumière venue du ciel dont la force et la fluidité me stimulent… Elle parle aussi d'étourdissement : " En dessinant, je ne pense plus. Je ne souffre plus. Crayonner, modeler, copier, peindre m'anesthésient."
Rosa ne peut s'empêcher de laisser éclater son immense joie lors de son premier jour au Louvre et tombe dans les bras de son père également peintre qui après avoir tenté de la dissuader d'entamer une carrière artistique, avait finalement acquiescé. .
Très attachée à sa mère, il ne se passera pas un jour après sa mort sans qu'elle y pense. "Je souffre telle une damnée. L'absence de ma mère me torture. Le manque me taraude. Je me laisse dériver vers la mélancolie et la nostalgie."
La rencontre avec Nathalie Micas 12 ans (elle en a 14), est un véritable coup de foudre amical. " Nous nous liâmes d'une façon complète et nous devînmes inséparables. Je n'étais heureuse que lorsque je la voyais près de moi et de son côté, elle n'éprouvait pas de plus grand plaisir que lorsqu'elle venait à l'atelier travailler pour moi." " Elle devint la confidente de mes pensées intimes…" Cataloguée d'homosexuelle, elle s'en défendra toute sa vie et évoquera ses relations avec la mère Micas, Nathalie en ces termes : "Les esprits limités ne comprennent rien à " l'union des âmes" et aux amours platoniques bien que cet adjectif ne me semble pas approprié pour définir le sentiment d'amour filial et fraternel qui nous associait la bonne mère Micas, Nathalie et moi. Oui, nous avions une vive affection les unes pour les autres au point qu'il nous était parfois douloureux de nous séparer. Mais cela fut ainsi. Ni plus, ni moins." Pour elle, l'amitié de ces deux femmes a largement contribué à l'émancipation de son talent…
Comparée à Georges Sand de par leur côté "culottées", et inspirées par le monde paysan et la nature, elle évoquera à la mort de Nathalie la phrase de Lamartine "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". Puis parlera de sa mère et de Nathalie comme formant désormais son étoile polaire.
Une autre rencontre très importante surviendra dans sa vie, celle avec Anna Klumpe qui ensuite partira aux Etats-Unis.. Une correspondance naîtra et Anna reviendra en France en 1898 après des aller retour. Et les voilà un peu plus tard cohabitant. Anna lui jurera de ne jamais la quitter et une entente naîtra entre elles : " Anna recueillera les détails de sa vie, publiera ses impressions sur sa chère amie, et les joindra au récit de sa vie. Rosa Bonheur adulée lors de son existence tombera dans l'oubli, après son décès.
C'est pour cette raison qu'Albertine Gentou a écrit ce livre. Elle confie dans les dernières pages : " Mon pari est de la faire sortir de l'anonymat. De lui redonner une visibilité auprès du public."
Son but est atteint car après la lecture de ce livre l'on a vraiment envie de se rendre à Thomery en Seine-et-Marne pour visiter le château-musée consacrée à cette artiste…
Agnès Figueras-Lenattier

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