Durango tome 15: El Cobra
de Yves Swolfs (Scénario), Thierry Girod (Dessin)

critiqué par Kostog, le 5 octobre 2018
( - 47 ans)


La note:  étoiles
Un serpent sans lunettes pour Durango
Dans ce nouvel album consacré au sympathique blondinet en quête de justice et traquant le ou les commanditaires d'un ancien crime, Durango se retrouve face à une fine « gâchette ». dénommée El Cobra qui poursuit le même intermédiaire, un pâle fils à maman dont nous découvrirons qu'il a eu les yeux plus gros que le ventre.

La confrontation avec El Cobra et la préparation du duel entre les deux hommes constituent la trame principale de cet album. En effet, le pistolero argentin est un professionnel aguerri, qui nous montre dès les premières pages sa dextérité sans merci, dût-il parsemer son chemin de cadavres. De plus, ce tueur sans foi ni loi rêve de démontrer à Dugi qu'il dégaine plus rapidement que le Meister en personne. Douterons-nous de l'issue finale de cette joute sans concession ?

Yves Swolfs manie suffisamment bien les différents ingrédients du western spaghetti pour placer son décor et satisfaire son public : shérif détermné, jolie poulette de saloon un peu amourachée et cowboys pas trop fute-futes sont présents. On regrettera tout de même l'absence de suspense réel et la platitude des dialogues.

Si le scénario est sans imprévu et originalité, il met d'autant mieux en relief le véritable intérêt de l'album : le magnifique dessin de Thierry Girod - peut-être le plus grand dessinateur du genre western à l'heure actuelle ? -, véritablement inspiré par les paysages de l'Ouest américain. Les Rocheuses sont extraordinaires de minutie et de beauté, les ambiances d'intérieur révèlent de superbes contrastes, des angles recherchés qui montrent l'inspiration venant du cinéma. Je dois notamment avouer un faible pour les décors de neige particulièrement réussis. Avec ceci, une héroïne à craquer qui ne fâchera pas la gent masculine quand elle acceptera de dévoiler ses appâts. Le trait est d'une grand efficacité dans les scènes d'action, les mouvements étant parfaitement maîtrisés.

Bref, vous aurez compris un album qui se regarde plus qu'il ne se lit, la splendeur des cases fournissant un plaisir renouvelé à chaque lecture. 5 étoiles pour le splendide travail de Thierry Girod, deux pour le scénario sans aucune surprise de Swolfs.