L'exécuteur, Tome 3 : Les Proies
de John Wagner (Scénario), Arthur Ranson (Dessin)

critiqué par Antihuman, le 4 octobre 2018
(Paris - 36 ans)


La note:  étoiles
Légère anticipation
Ceci est la réédition de la suite de la BD scénarisée par John Wagner il y a quelques décennies, celle-là même plutôt pas accessible à tous et ultra-violente malgré son action trépidante. A l'époque de sa sortie ces albums ont laissés les médias silencieux (au contraire de "HISTORY OF VIOLENCE" beaucoup plus simple du même Wagner.) Comme d'habitude chez cet auteur les fils de la réalité conduisent à quelque chose d'infiniment trouble et grotesque et l'on tourne les pages de l'histoire avec beaucoup d'appréhension pour ce héros aux cheveux blond paille.

Je ne vais pas faire ici un essai philosophique que d'aucuns feront mieux que moi, mais, avec son intrigue entre "THE PRIZE OF PERIL" de R. Scheckley et "RUNNING MAN" de King et aussi un soupçon de "La Servante écarlate", L'EXECUTEUR fait plaisir au lecteur avec son jeu très bizarre et meurtrier dirigé par ses "chefs" si tarés à l'esprit fallacieux et pourtant totalement à l'ego dominateur.

En fait, un vrai délire barré au possible percute le train-train quotidien du lecteur dans L'EXECUTEUR et on en savoure la grande rareté. Les autres n'auront qu'à lire Mickey Parade.

Enfin la fourberie, la vraie (donc la plus laide et la plus traître quotidienne et visqueuse !) est à l'oeuvre dans cette histoire que l'on y croit presque et que cela nous choque d'ailleurs par son aspect très malsain. En bref on s'y croirait presque.

Mon seul but étant de donner envie de lire ce titre, je dirais aussi que la violence de L'EXECUTEUR est aussi psychique tout comme dans certains pensums psychiatriques et victoriens du XIXème... Il y a aussi présente dedans l'idée séduisante qu'on est tranquille nul part et surtout pas à la campagne malgré ces quelques bulles d'air: les provinciaux heureux de l'être étant toujours un peu trop béats, n'est-ce pas ?

Je ne dis pas que tout est parfait dans ce tome 3 mais juste que cela vaut son prix. de plus les dessins chiadés de Arthur Ranson sont très stylés très détaillés. Oubliez donc un moment cette censure captieuse et laissez-vous prendre par ce récit qui met en scène ces quelques-uns qui manipulent ces autres.

Mais... chut, et laissons donc parler les cases en nous donnant rendez-vous au centre de contrôle.