Un étrange phénomène de Herbert George Wells

Un étrange phénomène de Herbert George Wells
(The Remarkable Case of Davidson's Eyes)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone , Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Tistou, le 8 septembre 2018 (Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
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Etrange ? C’est le moins !

« Un étrange phénomène » reprend un peu la thématique du roman du même H.G. Wells « M Barnstaple chez les hommes-dieux », à savoir le passage d’un individu d’un monde à un autre ou d’un lieu à un autre. A vrai dire « Un étrange phénomène » (1895) étant antérieur de 28 ans au roman évoqué, c’est plutôt d’un brouillon qu’il faudrait parler.
Ici, c’est d’un lieu à un autre puisque Sidney Davidson, laborantin physicien de son état, se retrouve d’un coup plongé visuellement dans un lieu qui n’est plus du tout son laboratoire de Physique. C’est-à-dire que son corps est bien dans le lieu « laboratoire » ; il entend ses collègues lui parler, mais la réalité qu’il a devant les yeux est celle d’un vaisseau britannique naviguant sur un océan manifestement lointain et exotique.

« - Je ne peux pas me voir moi-même, fit-il en riant. Où diable sommes-nous ?
- Ici, répondis-je, dans le laboratoire.
- Le laboratoire ! répéta-t-il d’un ton fort surpris et en portant la main à son front. Oui, j’étais dans le laboratoire, jusqu’au moment où éclata ce coup de tonnerre, mais je veux bien être pendu si l’on m’y trouve encore. Quel est ce navire ?
- Il n’y a pas de navire, dis-je, soyez raisonnable, mon vieux.
- Pas de navire, reprit-il, sans prendre garde à mon immédiat démenti. Je suppose, continua-t-il lentement, que nous sommes morts tous les deux. Mais le drôle de la chose c’est que je sens absolument comme si j’avais encore un corps. C’est un reste de vieille habitude, sans doute. Toute la boutique a été détruite par la foudre, probablement. Vite et propre, hein, Bellows ? »

Trois semaines il restera ainsi à ne voir que des scènes déconnectées de sa réalité physique, ne voyant même pas ses membres, et donc obligé de compter sur la solidarité de ses collègues pour manger, ne pas se mettre en danger …
Et puis progressivement, il va revenir dans la réalité et regretter le monde dans lequel évoluait sa vision (une relative constante chez Wells que cette nostalgie d’un autre monde entraperçu).
Plus tard, Davidson tombera en arrêt devant la photographie du « Fulmar », qu’il reconnait comme étant le vaisseau avec lequel il vécut trois semaines, aux antipodes de l’Angleterre.
H.G. Wells en vient à une théorie, énoncée de la bouche du narrateur :

« D’explication, il n’en est pas de probable, sinon celle qu’a émise le professeur Wade. Mais elle implique une quatrième dimension et une théorie aventurée sur les diverses sortes d’espaces. Dire qu’il y a eu « un nœud dans l’espace » me semble parfaitement absurde, mais peut-être est-ce parce que je ne suis pas mathématicien. »

Une théorie ? Une idée en tout cas, une des idées dont ne manquait pas le génial précurseur de la S.F..

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